Dans l’Aveyron, la famille de Nicolas porte le combat pour clarifier les circonstances de son décès après une prise en charge jugée tardive entre Decazeville et Purpan. Le récit, centrée sur une procédure amiable et des appels publics à la fermeture d’un établissement rural, illustre les tensions entre accès rapide aux soins et l’organisation des transferts. Nicolas, âgé de 40 ans, est décédé après une série d’étapes qui ont suscité des accusations d’erreurs médicales et de défaillances du système.
Le drame et les transferts entre Decazeville et Purpan
Selon Michèle, Nicolas avait tout pour lui. « Ostéopathe aux Saintes-Maries-de-la-Mer », glisse Michèle, fière sans doute que son fils ait perpétué l’héritage familial. L’automne 2021 a été celui de son voyage et de préoccupations pour sa santé; il avait posé dix jours de congés et avait quitté le Puy-en-Velay en direction de Conques, dans l’Aveyron.
La suite est marquée par des symptômes et des décisions qui, selon la famille, ont retardé les soins. « Sa tension était élevée, à 19, il titubait, précise l’ancienne infirmière. Le médecin a pensé que c’était du stress ». L’appel à l’ambulance a été passé à 9 h 30 et, à 13 h 30, on indique que l’hôpital le plus proche est Decazeville, à 30 km du gîte.
Des échanges de transferts suivent avec un premier diagnostic évoquant une éventuelle tumeur et des transferts prévus vers le centre de neurochirurgie. « La radiologue a vu quelque chose et insisté pour qu’il soit transféré dans un centre de neurochirurgie », selon l’épouse. Le lendemain, on évoque une possible tumeur au cerveau et un transfert à Rodez pour une IRM, avant un possible passage à Purpan d’ici trois jours.
Plus tard dans la nuit, le scan est transmis à Purpan et les interprétations se succèdent: « Vers 1 heure du matin, ils ont transmis à nouveau le scanner à Purpan. Le premier interne avait cru déceler une tumeur. Le second discerne une thrombose vasculaire ». Le coma s’installe et, vers 4 heures, le médecin informe le couple. « À 4 heures, ils ont appelé son épouse et mon ex-mari pour dire que c’était fini. J’étais en Corse à ce moment-là. Personne ne m’a attendue avant de le débrancher… », souffle-t-elle.
Réactions et suite judiciaire
Une procédure amiable a été lancée par Me Pierre Debuisson, l’avocat qui l’épaule depuis quatre ans dans cette affaire. « L’hôpital de Decazeville se défausse sur Purpan. Nous allons entamer une action judiciaire à son encontre ». Purpan reconnaît une part de responsabilité (minime) dans ce décès. « Une perte de chance de survie à hauteur de 10 % ».
La famille a reçu début novembre une lettre décrivant une indemnisation jugée insuffisante: « On me propose 650 euros en réparation. La vie de Nicolas vaut 650 euros pour eux. Je me moque de l’argent, mais je suis restée sans voix. C’était ridicule, honteux », relate Me Debuisson. L’avocat parle d’un « papier infâme » et la mère décrit ce document comme une offense personnelle; elle ajoute que l’affaire est porteuse d’un message: « Il faut que l’hôpital de Decazeville soit fermé. Il est trop dangereux ». Les échanges et la médiatisation ont été déclenchés début novembre, selon Me Debuisson.