La centrale nucléaire Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande du monde en capacité, doit redémarrer mercredi 21 janvier 2026, premier pas après Fukushima en 2011. Tepco a indiqué que le démarrage devrait intervenir après 19 heures (10 heures GMT) et concerner dans un premier temps un seul des sept réacteurs. Le Japon cherche à réduire sa dépendance aux combustibles fossiles et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, tout en renforçant les normes de sécurité après une série d’incidents et de scandales dans l’industrie. Des habitants et des associations expriment toutefois des inquiétudes sur les plans d’évacuation et les risques sismiques.

À Kashiwazaki-Kariwa: le redémarrage d’un réacteur
Ce redémarrage concerne dans un premier temps un seul des sept réacteurs de la centrale, et l’unité n°6 serait le premier des réacteurs de Tepco à redémarrer depuis 2011. Mi-janvier, 13 réacteurs étaient en fonctionnement et 14 réacteurs avaient été remis en service dans le pays après la mise en place de normes de sécurité plus strictes. Le gouverneur du Niigata avait donné son aval malgré une opinion publique divisée, avec 60 % des habitants opposés et 37 % qui le soutenaient, selon une enquête locale. Des manifestants, principalement des personnes âgées, ont bravé le froid près de l’entrée de la centrale.
“L‘électricité de Tokyo est produite à Kashiwazaki, et il faudrait que seuls les habitants (d’ici) soient en danger? Cela n’a aucun sens”, a déploré Yumiko Abe, une habitante de 73 ans interrogée par l’AFP.
Kashiwazaki-Kariwa avait été mise à l’arrêt lorsque le Japon a fermé tous ses réacteurs nucléaires après le triple désastre – séisme, tsunami et catastrophe nucléaire – de Fukushima en mars 2011. Mais le pays veut réduire sa dépendance aux combustibles fossiles, atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et répondre à la demande croissante d’électricité liée à l’intelligence artificielle. La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a aussi exprimé son soutien à l’utilisation de l’atome civil.
Au total, 14 réacteurs – principalement situés dans l’ouest et le sud du pays – ont ainsi déjà été remis en service après la mise en place de normes de sécurité plus strictes. Mi-janvier, 13 réacteurs étaient en fonctionnement. L’unité n°6 de Kashiwazaki-Kariwa serait le premier des réacteurs nucléaires de Tepco, qui est également l’opérateur de la centrale sinistrée de Fukushima Daiichi, à redémarrer depuis 2011.
« Absolument inacceptable » pour certains Près de quinze ans après la catastrophe, « la situation n’est toujours pas maîtrisée à Fukushima. Et Tepco veut relancer une centrale ? Pour moi, c’est absolument inacceptable », s’indigne Keisuke Abe, un manifestant de 81 ans.
Le vaste complexe de Kashiwazaki-Kariwa a été équipé d’une digue de 15 mètres de haut contre les tsunamis, de nouveaux systèmes de secours électriques installés en hauteur, ainsi que d’autres dispositifs de sécurité. Cependant, certains habitants expriment leurs inquiétudes, évoquant des scandales fréquents de dissimulation d’informations, des incidents mineurs ainsi que des plans d’évacuation jugés insuffisants. « Je pense qu’il est impossible d‘évacuer » en cas d’urgence, explique à l’AFP Chie Takakuwa, une habitante de Kariwa âgée de 79 ans.
Plusieurs associations ont remis début janvier une pétition contre la relance comportant près de 40 000 signatures à Tepco et à l’Autorité japonaise de régulation nucléaire soulignant que la centrale se trouve sur une zone sismique active où est survenu un violent séisme en 2007. L’industrie nucléaire japonaise a aussi été confrontée à une suite de scandales et d’incidents ces dernières semaines, notamment la falsification de données par un autre opérateur, Chubu Electric Power, sous-estimant les risques sismiques. Et à Kashiwazaki-Kariwa, Tepco a indiqué samedi qu’un système d’alerte n’avait pas fonctionné lors d’un essai avant le redémarrage du réacteur. « Il y a toujours des risques d’erreurs humaines ou de défaillances des machines et des équipements. Tout repose sur notre capacité à détecter ces problèmes, à les corriger et à travailler avec humilité », a-t-il ajouté.
Avant le séisme et le tsunami de 2011, l’énergie nucléaire représentait environ un tiers de la production d’électricité du Japon, le reste provenant principalement des énergies fossiles. L’archipel est le cinquième émetteur mondial de dioxyde de carbone derrière la Chine, les États-Unis, l’Inde et la Russie, et dépend fortement des combustibles fossiles importés. Près de 70 % de ses besoins en électricité étaient couverts en 2023 par des centrales thermiques fonctionnant au charbon et aux hydrocarbures, mais l’archipel veut faire des renouvelables sa principale source d’électricité avant 2040. Dans ce cadre, le nucléaire devrait représenter environ 20 % de la production électrique du pays à l’horizon 2040, contre environ 8,5 % pour l’exercice fiscal 2023-24.

Réactions et enjeux pour la sécurité et l’énergie au Japon
Le récit des protestations et des débats autour du redémarrage se poursuit, certains s’interrogeant sur les risques d’erreurs humaines ou de défaillances, et les dirigeants répètent que tout dépend de la détection et de la correction des problèmes. « Les exploitants nucléaires ne doivent jamais céder à l’arrogance ou à l’excès de confiance », a estimé le patron de Tepco, Tomoaki Kobayakawa, dans une interview publiée samedi par le quotidien Asahi. « Il y a toujours des risques d’erreurs humaines ou de défaillances des machines et des équipements. Tout repose sur notre capacité à détecter ces problèmes, à les corriger et à travailler avec humilité », a-t-il ajouté.
Pour les pays, l’objectif est de réduire la dépendance aux combustibles fossiles et d’augmenter le recours au nucléaire dans le mix énergétique, tout en garantissant des normes de sécurité plus strictes après les scandales récents. Le Japon table sur environ 20 % de production nucléaire à l’horizon 2040, contre environ 8,5 % pour 2023-24, et cherche à développer d’autres sources renouvelables pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
Les résidents évoquent des inquiétudes sur les plans d’évacuation et les risques sismiques. Chie Takakuwa, Kariwa, 79 ans, déclare: « Je pense qu’il est impossible d’évacuer » en cas d’urgence. Des pétitions signées par près de 40 000 habitants ont été remises à Tepco et à l’Autorité de régulation nucléaire début janvier, soulignant que la centrale se situe dans une zone sismique active. Le Japon poursuit sa transition énergétique, osant associer nucléaire et renouvelables pour répondre à la demande croissante liée à l’intelligence artificielle et à la croissance économique.