Le Royaume-Uni a mis fin à une unité gouvernementale chargée de documenter d’éventuelles violations israéliennes présumées du droit international dans le cadre de la guerre menée à Gaza, selon une information révélée par le Guardian. Cette fermeture intervient dans un contexte de coupes budgétaires au sein du Foreign, Commonwealth and Development Office, plus connu sous le nom de FCDO.
D’après le quotidien londonien, ces restrictions financières ont contraint la cellule dédiée au droit international humanitaire à cesser ses activités. La décision entraîne également l’arrêt du financement du Conflict and Security Monitoring Project, piloté par le Centre for Information Resilience, un groupe indépendant spécialisé dans l’analyse en sources ouvertes.
Une cellule spécialisée absorbée par une réorganisation interne
Interrogé sur cette fermeture, un porte-parole du FCDO a expliqué qu’il s’agissait d’une « réorganisation interne » et que le travail de cette cellule serait poursuivi par une autre équipe du ministère. Il n’a toutefois pas donné de précisions supplémentaires sur l’ampleur de ce changement ni sur le périmètre exact de la nouvelle structure.
Le responsable a affirmé que le gouvernement britannique continuait d’investir fortement dans l’expertise et les moyens consacrés à la prévention et au règlement des conflits, y compris dans le suivi du droit international humanitaire à Gaza. Cette mise au point ne dissipe cependant pas les interrogations sur la continuité du dispositif mis en place depuis le début de la guerre.
Des enquêtes sur Gaza, Israël et le Liban
Le travail du Centre for Information Resilience portait sur la surveillance en sources ouvertes d’incidents survenus dans les territoires palestiniens occupés, en Israël et au Liban. Ses données remontent au début de la guerre à Gaza, déclenchée en octobre 2023, et ont servi de base à plusieurs analyses sur le déroulement du conflit.
Le centre a mené plus de 20 enquêtes sur des sujets sensibles, notamment des tirs ayant touché des enfants à Gaza. Il gère aussi une base de données recensant des informations vérifiées sur environ 26 000 incidents à travers le Moyen-Orient, selon les éléments rapportés par le Guardian.
Avec l’arrêt du financement, le FCDO pourrait perdre l’accès à cette base, ce qui priverait le ministère d’un outil important dans ses évaluations récentes. Le journal britannique estime que cette disparition risque d’affaiblir un maillon clé de la collecte d’informations utilisé dans les prises de décision.
Un ministère sous pression budgétaire et politique
Le FCDO traverse depuis plusieurs mois une période de fortes tensions budgétaires. En juillet, son ancien secrétaire permanent avait indiqué que le ministère envisageait une réduction de ses effectifs pouvant atteindre 25 %. En novembre dernier, il avait déjà annoncé son intention de supprimer une unité consacrée aux conflits émergents et aux crises de déplacement.
Ces arbitrages s’inscrivent dans un contexte plus large de réorganisation des priorités diplomatiques et humanitaires du Royaume-Uni. Le projet financé par le FCDO soutenait jusque-là des gouvernements et des organisations de la société civile dans plusieurs zones de conflit, parmi lesquelles la Syrie, le Soudan du Sud, l’Éthiopie et le Yémen.
Le ministère des Affaires étrangères est également traversé par des divisions internes au sujet des ventes d’armes britanniques à Israël. L’an dernier, le diplomate Mark Smith, qui a quitté ses fonctions après le refus de Londres de suspendre ces exportations, affirmait que les fonctionnaires remettant en cause la politique du gouvernement envers Israël étaient régulièrement réduits au silence.