Le Parlement européen à Bruxelles a vu le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, affirmer que l’UE ne peut se défendre sans les États-Unis. Il a appelé à une plus grande autonomie stratégique de l’Europe dans le cadre de l’Alliance atlantique. Selon lui, un renforcement du pilier européen implique des coûts importants, notamment en matière de dissuasion nucléaire et de dépenses de sécurité. Ces mots surviennent dans un contexte où les pays européens recherchent un équilibre entre dépendance et souveraineté en matière de défense.

Mark Rutte appelle à l’autonomie européenne dans la défense
« Si quelqu’un pense encore ici que l’Union européenne, ou l’Europe dans son ensemble, peut se défendre sans les États-Unis, continuez de rêver. Vous ne le pouvez pas. Nous ne le pouvons pas, nous avons besoin les uns des autres », a lancé lundi le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte devant le Parlement européen réuni à Bruxelles.
Il a expliqué que si les Européens voulaient vraiment construire une nouvelle alliance défensive, sans les États-Unis, alors il leur en coûterait, non pas 5% mais 10% de leur Produit intérieur brut (PIB), avec également la nécessité de construire une capacité de dissuasion nucléaire en propre. « Cela coûte des milliards et des milliards d’euros. Et dans ce scénario, vous perdriez le garant ultime de notre liberté, à savoir le parapluie nucléaire américain. Donc, bonne chance ! », a-t-il lancé aux eurodéputés.
Les 32 pays de l’Otan se sont engagés à consacrer au moins 5% de leur PIB d’ici 2035 à leurs dépenses de sécurité, dont 3,5% à des dépenses strictement militaires. L’effort est déjà considérable pour nombre d’entre eux qui ont à peine atteint fin 2025 les 2% de leur PIB, conformément à un engagement pris dix ans auparavant.
La France est l’un des pays les plus favorables à cette « autonomie stratégique » en Europe, mais d’autres pays, notamment ceux proches géographiquement de la Russie, se montrent plus prudents en raison, entre autres, de leur forte dépendance aux systèmes d’armement américains.
Réactions et perspectives au sein de l’Union et des alliés
Le président américain Donald Trump, et son secrétaire à la Défense Pete Hegseth, ont prévenu à maintes reprises les alliés européens qu’ils devraient désormais compter davantage sur leurs propres forces pour assurer leur sécurité. Ceux-ci cherchent depuis à renforcer le pilier européen au sein de l’Otan, en développant notamment leur propre industrie de défense.
Dans ce contexte, les voix des États membres divergent: la France est présentée comme l’un des pays les plus favorables à l’autonomie stratégique, tandis que d’autres partenaires, notamment ceux géographiquement proches de la Russie, expriment des réserves liées à leur dépendance aux armements américains.