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Demande accrue de pétrole et gaz russes après la guerre en Iran

par Sara
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La guerre qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran a provoqué une hausse sensible de la demande pour le pétrole russe, selon le Kremlin, au moment où Washington a accordé une dérogation de 30 jours permettant à l’Inde d’acheter du brut russe bloqué en mer. Cette crise, déjà à son septième jour, a quasiment paralysé le détroit d’Hormuz, voie stratégique pour le transport pétrolier et gazi­er, et contraint de nombreux pays à réagir face à l’interruption d’environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et GNL.

La Russie se présente comme un fournisseur sûr

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que la Russie constatait « une augmentation significative de la demande » de ses ressources énergétiques liée au conflit. Il a rappelé que Moscou demeure un fournisseur fiable de pétrole et de gaz, tant par gazoduc que sous forme liquéfiée.

Selon lui, la Russie est en mesure d’assurer la continuité des livraisons pour les contrats déjà conclus. Peskov a cependant refusé de préciser les volumes envisagés pour des livraisons supplémentaires à l’Inde à la suite de la dérogation américaine.

Des réserves politiques et économiques sur le retour au pétrole russe

Pour autant, des voix s’élèvent contre un retour massif aux importations russes. Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a estimé qu’il serait « économiquement et politiquement » problématique de se réappuyer sur la Russie.

Il a rappelé que l’une des erreurs historiques de l’Europe avait été de concentrer ses sources d’énergie sur un seul pays. Malgré les perturbations logistiques causées par la guerre, Birol a jugé qu’il y avait encore « suffisamment de pétrole » sur le marché mondial à court terme.

Risque d’arrêt des exportations dans le Golfe

Le ministre qatari de l’Énergie, Saad al-Kaabi, a averti qu’un prolongement du conflit pourrait conduire les producteurs du Golfe à suspendre leurs exportations et à invoquer la force majeure. Doha a déjà ralenti ou interrompu sa production de gaz naturel liquéfié, une part équivalente à environ 20 % de l’offre mondiale.

Al-Kaabi a prévenu que si la situation durait quelques semaines, la croissance mondiale du PIB serait affectée et que « les prix de l’énergie vont augmenter partout », entraînant pénuries et perturbations en chaîne dans les chaînes d’approvisionnement industrielles. Il a estimé qu’il faudrait « des semaines à des mois » pour revenir à un rythme normal de livraisons même si le conflit prenait fin immédiatement.

Scénarios de prix et tensions sur les marchés

Face aux risques d’obstructions du détroit d’Hormuz, des scénarios de forte hausse des cours circulent parmi les acteurs du secteur. Le ministre qatari a évoqué la possibilité d’un pétrole à 150 dollars le baril en quelques semaines si les navires ne peuvent plus transiter, et une envolée des prix du gaz vers 40 dollars par million de BTU.

Les marchés ont déjà réagi : le brut américain de référence a bondi de 4,1 % pour atteindre 84,36 dollars le baril, tandis que le Brent a gagné 1,7 %, à 87 dollars, atteignant des niveaux proches des plus hauts depuis avril 2024.

  • Interruption des liaisons maritimes et ralentissement des livraisons.
  • Appels à la force majeure de la part des exportateurs de la région.
  • Hausse des coûts pour les industries dépendantes du pétrole et du GNL.
  • Pression accrue sur les gouvernements pour stabiliser les marchés énergétiques.

En somme, l’escalade au Moyen-Orient alimente une demande accrue pour le pétrole russe à court terme, tandis que les décisions politiques et les risques d’interruption permanente des exportations du Golfe rendent l’équation énergétique mondiale de plus en plus incertaine. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le recours au pétrole russe s’intensifie durablement ou si des mesures alternatives permettront d’atténuer la flambée des prix.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/3/6/moscow-sees-significant-rise-in-demand-for-russian-oil-gas-amid-iran-war

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