Notre peau, en première ligne face aux agressions extérieures, est aussi le siège de pathologies souvent négligées : les cancers de la peau non mélanomes qui apparaissent principalement sur les zones exposées au soleil, comme le visage, le cou, les épaules, les avant-bras et les mains.
Le carcinome basocellulaire (CBC) est la forme la plus fréquente et la moins agressive. Son développement se produit à partir de la couche basale de l’épiderme et, s’il ne métastase pas, il nécessite un traitement précoce (ablation) pour éviter de s’étendre en surface. Le carcinome épidermoïde cutané (CEC) est moins fréquent mais plus agressif et peut métastaser ou envahir les ganglions lymphatiques. Ces cancers se manifestent principalement comme des lésions cutanées spécifiques et nécessitent une vigilance permanente, en particulier chez les personnes à peau claire ou exposées intensément au soleil.
Signes et formes des cancers de la peau non-mélanomes
Carcinome basocellulaire
- Forme la plus fréquente et la moins agressive; se développe à partir de la couche basale de l’épiderme et, même sans métastases, doit être traité rapidement pour éviter une extension.
- Signes typiques: plaies ouvertes, plaques rouges, excroissances roses, bosses brillantes, cicatrices ou excroissances avec des bords légèrement surélevés et roulés et/ou une entaille centrale.
- Parfois, il peut suinter, former des croûtes, démanger ou saigner. Chez les personnes à la peau plus foncée, environ la moitié des CBC sont pigmentés (couleur brune).
Carcinome épidermoïde cutané
- Moins fréquent, mais plus agressif que le CBC; peut métastaser et envahir les ganglions lymphatiques.
- Apparence typique: plaques rouges (ou plus foncées) rugueuses ou squameuses qui peuvent former des croûtes ou saigner, excroissances ou bosses, parfois une zone centrale plus basse, plaies ouvertes qui ne guérissent pas ou qui réapparaissent, et excroissances ressemblant à des verrues.

Répercussions en France
Chaque année, entre 141 200 et 243 500 nouveaux cas de cancers cutanés sont recensés en France, selon Santé publique France. Une majorité (plus de 85 %) serait attribuable à une exposition excessive aux ultraviolets, qu’ils soient naturels ou artificiels.
Les cancers non-mélanomes représentent à eux seuls 90 % des diagnostics. Les carcinomes basocellulaires, les plus fréquents, comptent pour environ 70 % des cas, suivis des carcinomes épidermoïdes cutanés, autour de 20 %.
Le nombre de nouveaux cas de cancers de la peau a plus que triplé entre 1990 et 2023, traduisant une progression préoccupante. Si les données françaises détaillées restent encore incomplètes, on sait que l’incidence augmente avec l’âge, notamment après 50 ans, et touche davantage les hommes. Le risque concerne aussi les personnes exposées de manière prolongée au soleil ou présentant des antécédents de cancer de la peau ou de lésions cutanées précancéreuses. En parallèle, certaines populations restent insuffisamment sensibilisées : les personnes à peau foncée notamment qui se sentent moins concernées par les messages de prévention et peu enclines à pratiquer un autodiagnostic.
Comment prévenir le cancer de la peau non-mélanome ?
La protection contre les UV et un autodiagnostic rigoureux sont les deux piliers incontournables pour limiter le risque de cancer cutané non-mélanome.
- Protection solaire: appliquer quotidiennement une protection SPF50 et renouveler toutes les deux heures; porter des vêtements longs et amples, un chapeau à bords larges et des lunettes de soleil lors des activités en extérieur; éviter les expositions entre 10 h et 14 h en Outre-mer et entre 12 h et 16 h en métropole.
- Autodiagnostic: examiner régulièrement sa peau et repérer toute lésion qui persiste, évolue ou saigne sans raison; plus le diagnostic est précoce, meilleur est le pronostic. Chez les peaux foncées, ces signes peuvent être pigmentés et nécessiter une vigilance accrue.
- Auto-examen systématique: réaliser un examen de la peau tous les trois mois, en se déshabillant et en examinant la peau nue de la tête aux pieds, de face et de dos, en prêtant attention aux zones peu visibles (oreilles, ongles, plante des pieds, espaces entre les doigts, organes génitaux…).

Cette vigilance personnelle doit compléter la visite annuelle chez un dermatologue. En cas de doute, la consultation chez un médecin est recommandée.