Des colons israéliens ont attaqué plusieurs villages en Cisjordanie occupée, incendiant des maisons et des véhicules et faisant au moins 13 blessés, selon des bilans médicaux et des témoignages sur place. Des journalistes ont constaté des décombres de maisons calcinées et des voitures brûlées dans la localité de Fandaqumiya, au sud‑ouest de Jénine.
Attaques et dégâts
La nuit de samedi à dimanche, des assauts de groupes de colons ont visé des villages autour de Naplouse et Jénine. À Jalud, au nord de Naplouse, un centre de soin a été incendié et des inscriptions hostiles en hébreu ont été tracées sur la mosquée du village.
Par ailleurs, des véhicules et des habitations ont été incendiés dans plusieurs localités, provoquant de lourds dégâts matériels et la panique parmi les habitants. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient des dizaines de personnes incendiant des voitures et s’en prenant aux rues des villages la nuit.
- Fandaqumiya (sud‑ouest de Jénine) : maison et véhicules calcinés.
- Jalud (nord de Naplouse) : centre médical brûlé et profanation d’un lieu de culte.
- Qaryout et d’autres villages autour de Naplouse : incendies et destructions de biens.
Bilan des victimes
Le Croissant‑Rouge palestinien a pris en charge 13 blessés au total : trois personnes ont été touchées lors des attaques à Jalud et Qaryout, et dix autres, principalement victimes d’agressions physiques, ont été soignées à Deir al‑Hatab, près de Naplouse.
Les autorités médicales locales indiquent que la plupart des blessés souffrent de traumatismes et de brûlures, et que les services d’urgence ont été mobilisés pour transporter et traiter les victimes.
Arrestations et raids militaires
En parallèle aux attaques des colons, l’armée israélienne a mené des opérations dans plusieurs secteurs de la Cisjordanie et interpellé quinze Palestiniens dimanche soir, dont douze travailleurs qui tentaient d’entrer à Jérusalem près de la zone industrielle d’Atarot.
Des forces israéliennes ont également perquisitionné des villages en milieu de semaine, tiré en l’air et transformé certaines maisons en positions militaires. Les localités touchées incluent Kafr Malik, Deir Jarir et al‑Mughayyir, où des résidents ont été évacués de leurs domiciles.
Au sud de la Cisjordanie, un barrage militaire a été installé à l’entrée ouest de Bethléem ; les véhicules y sont contrôlés et les pièces d’identité vérifiées. Le village d’al‑Khadr a été également visé par une incursion au cours de laquelle trois Palestiniens ont été arrêtés et des grenades assourdissantes ont été lancées, sans bilan d’injuries signalé.
Enquête et réactions
L’armée israélienne a déclaré condamner « toutes les formes de violence » et a expliqué avoir déployé des unités et la police aux frontières dans plusieurs villages après des signalements d’incendies volontaires commis par civils israéliens. Elle a annoncé l’ouverture d’enquêtes.
La police israélienne a, par ailleurs, indiqué qu’un véhicule palestinien aurait percuté une voiture israélienne entraînant la mort d’un passager ; une enquête est en cours pour déterminer si l’accident était intentionnel ou fortuit. Selon les autorités, cet incident a été suivi d’actes de représailles de la part de colons.
Contexte des violences
Ces incidents s’inscrivent dans une escalade plus large des affrontements en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023 et le début des hostilités à Gaza. Des bilans communiqués ces derniers mois attribuent aux violences impliquant les forces israéliennes et des colons plus de 1 100 morts, près de 11 700 blessés et environ 22 000 arrestations en Cisjordanie.
Outre les pertes humaines, les arrestations massives, les destructions de maisons et les actes de vandalisme contribuent à accroître les tensions quotidiennes entre colons et Palestiniens dans la région.