Passer du temps avec ses proches procure souvent de la joie. Mais lorsque nos relations s’installent dans un climat de tension, d’angoisse ou de malaise, elles peuvent aussi peser lourdement sur la santé. Des chercheurs américains alertent aujourd’hui sur un autre effet possible des relations toxiques : elles pourraient accélérer le vieillissement biologique.
Des liens toxiques qui fragilisent le bien-être
Les personnes toxiques sont définies comme des individus qui empoisonnent l’existence d’une autre personne ou d’un groupe. Au quotidien, leur présence peut provoquer un sentiment d’inconfort, une humeur instable et, dans certains cas, favoriser l’apparition de troubles plus sérieux comme l’anxiété ou la dépression.
Lorsque ces relations s’installent dans la durée, elles ne perturbent pas seulement l’équilibre émotionnel. Elles semblent aussi avoir un impact mesurable sur le corps, en particulier sur les mécanismes liés au vieillissement.
Les effets des liens sociaux négatifs sur l’ADN
Pour évaluer l’influence des relations sociales négatives, les scientifiques se sont intéressés à des modifications chimiques de l’ADN appelées marques de méthylation. Ces petites variations reflètent l’impact de l’environnement et du mode de vie sur l’expression des gènes, dans le cadre de l’épigénétique.
L’étude, récemment publiée sur MedRxiv, a porté sur 2 232 participants ayant fourni un échantillon de salive. Avant l’analyse, ils ont répondu à plusieurs questions sur leurs relations, notamment : « À quelle fréquence cette personne vous a-t-elle rendu la vie difficile ? » Les personnes jugées gênantes de manière occasionnelle ou fréquente ont été qualifiées de perturbateurs.
Les résultats montrent que les liens sociaux négatifs sont loin d’être rares. En moyenne, un membre sur quatre du réseau social d’un individu est perçu comme harceleur, et près de 60 % des participants déclarent avoir au moins une personne de ce type dans leur entourage.
Un vieillissement biologique accéléré
Selon les chercheurs, ces relations toxiques sont associées à un vieillissement biologique accéléré d’environ 0,5 %, soit l’équivalent de 2,5 mois de plus que l’âge biologique attendu. L’effet observé ne se limite donc pas à un ressenti psychologique : il s’inscrit aussi dans des marqueurs mesurables.
Les scientifiques soulignent également un lien avec une réponse de stress inflammatoire chronique. Des niveaux plus élevés de ces marqueurs ont été observés chez les personnes exposées à ce type de relations, ce qui pourrait à terme affaiblir le système immunitaire.
Ils précisent enfin que « tous les liens négatifs n’ont pas la même influence : les relations ambivalentes, sources à la fois de soutien et de stress, accélèrent davantage le vieillissement que celles exclusivement négatives ».
Le harcèlement et la santé globale
Au-delà du vieillissement, l’exposition au harcèlement est aussi associée à une moins bonne santé générale. Les chercheurs la relient à des niveaux plus élevés de dépression et d’anxiété, à une inflammation accrue et à une multimorbidité plus importante.
Autrement dit, vivre durablement avec des personnes toxiques ne serait pas seulement éprouvant sur le plan moral ou émotionnel. Cela pourrait aussi avoir des répercussions sur plusieurs dimensions de la santé physique et mentale.
Quand parler à un professionnel peut aider
Si vous vous reconnaissez dans ce type de situation, il est important d’en parler. Un médecin traitant peut écouter, orienter et proposer des conseils adaptés selon la nature de la relation et ses effets sur votre santé.
Prendre en compte l’impact des relations toxiques permet parfois de mieux comprendre certains symptômes, qu’ils soient psychologiques ou biologiques, et d’envisager un accompagnement approprié.