Une délégation de la Fédération iranienne de football affirme avoir été refoulée cette semaine à l’aéroport international Pearson de Toronto, sur fond de tensions avec l’immigration canadienne. L’incident devrait empêcher plusieurs responsables iraniens d’assister au Congrès de la FIFA prévu à Vancouver, à quelques semaines du coup d’envoi du Mondial 2026 organisé par le Canada, les États-Unis et le Mexique.
Selon l’agence Tasnim, la délégation, emmenée par le président de la fédération Mehdi Taj, le secrétaire général Hedayat Mombeni et son adjoint Hamed Momeni, disposait pourtant de visas valides. À leur arrivée à Toronto, ils auraient fait demi-tour en raison de ce que la fédération décrit comme un « comportement inacceptable » des agents de l’immigration.
Dans un communiqué, la Fédération iranienne de football a affirmé que ses représentants se rendaient à Vancouver pour participer au Congrès de la FIFA, une réunion rassemblant les 211 associations membres de l’instance. Elle précise qu’ils ont embarqué sur le premier vol disponible vers la Turquie après l’incident à l’aéroport.
Un dossier sensible entre Téhéran et Ottawa
L’épisode intervient dans un contexte diplomatique déjà tendu. En 2024, le Canada a inscrit le Corps des gardiens de la révolution islamique, ou IRGC, sur sa liste des organisations terroristes. Des déclarations officielles canadiennes ont ensuite indiqué que Mehdi Taj se voyait refuser l’entrée sur le territoire en raison de liens supposés avec cette structure.
Ottawa a confirmé sa position sans commenter les cas individuels. « Les responsables de l’IRGC ne sont pas admis au Canada et n’ont pas leur place dans notre pays », a rappelé le gouvernement, ajoutant avoir pris des mesures fermes contre ce corps tout en protégeant la sécurité des Canadiens et l’intégrité du système d’immigration.
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a toutefois indiqué qu’il s’agissait, selon elle, d’une révocation de permission « involontaire ». Elle a précisé laisser ce dossier à la ministre de l’Immigration, Lena Diab. De son côté, le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a refusé d’entrer dans le détail, invoquant la législation sur la vie privée, tout en rappelant que les membres de l’IRGC n’étaient pas les bienvenus au Canada.
Des conséquences qui dépassent le cadre sportif
Au-delà du simple incident d’aéroport, cette affaire met en lumière les obstacles politiques et logistiques entourant la présence iranienne au Mondial 2026. La compétition se déroulera dans trois pays, ce qui complique les déplacements, les questions de visa et les dispositifs de sécurité pour les délégations comme pour les supporters.
La qualification de l’Iran pour la Coupe du monde n’a donc pas levé les incertitudes. Alors que la FIFA assure que le calendrier des matches sera maintenu, ce nouveau contretemps alimente les doutes sur la capacité des officiels, des joueurs et des supporters iraniens à circuler librement pendant le tournoi.
Selon Tasnim, la FIFA a depuis contacté la délégation iranienne pour lui faire part de ses regrets et a indiqué que le président Gianni Infantino organiserait une rencontre avec elle au siège de l’organisation. Le Congrès de la FIFA, habituellement considéré comme une réunion de routine, prend cette année une dimension particulière, à moins de deux mois d’une édition élargie à 48 équipes.
Les officiels iraniens n’ont pas non plus pu assister, mardi, au congrès de la Confédération asiatique de football, qui s’est tenu à Vancouver. Une absence de plus qui souligne la fragilité du dossier iranien dans la préparation du prochain grand rendez-vous mondial.