Jean-Luc Mélenchon a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, dimanche 3 mai sur le plateau du 20H de TF1. À 74 ans, le fondateur de La France insoumise se lance dans sa quatrième campagne pour l’Élysée, fort d’un parcours électoral en progression constante depuis 2012.
« Oui, je suis candidat. C’est l’urgence et le contexte qui ont fixé la décision insoumise », a déclaré l’ancien ministre face à Anne-Claire Coudray, estimant être « le mieux préparé pour faire face à la situation qui arrive ». Une annonce qui met fin à un faux suspense, les élus de La France insoumise ayant approuvé cette décision plus tôt dans la journée.
Une quatrième tentative après une progression régulière
Cette candidature s’inscrit dans la continuité d’une ascension électorale amorcée il y a quinze ans. En 2012, Jean-Luc Mélenchon recueillait 11,1 % des voix. Cinq ans plus tard, il bondissait à 19,6 %. En 2022, avec près de 22 % des suffrages, il échouait à seulement 420 000 voix du second tour, derrière Marine Le Pen.
« C’est pas loin, hein ? Faites mieux », avait-il alors lancé à ses concurrents de gauche. Un défi qu’aucune figure alternative de son mouvement n’a relevé depuis. Manuel Bompard, Mathilde Panot ou encore Clémence Guetté, bien que médiatisés, n’ont pas acquis « le capital politique que Mélenchon a accumulé au fil de trois présidentielles », reconnaît un cadre Insoumis.
« Une équipe, un programme, un seul candidat »
Face aux divisions qui fragmentent la gauche, le leader Insoumis a voulu opposer l’image d’un collectif soudé. « Nous, c’est carré. Il y a une équipe, un programme, un seul candidat », a-t-il martelé sur TF1. Une manière de se démarquer dessocialistes et écologistes, toujours embourbés dans des querelles internes sur leur mode de désignation.
Jean-Luc Mélenchon a également dressé un constat alarmant du contexte mondial : « Sans vouloir affoler, mais pour être lucide, nous entrons dans une saison très agitée de l’histoire du monde. Nous sommes menacés d’une guerre généralisée, d’un changement spectaculaire du climat, et d’une crise économique et sociale qui s’avance vers nous. »
Le Rassemblement national dans le viseur
Interrogé sur son principal adversaire, Jean-Luc Mélenchon a clairement désigné le Rassemblement national, qu’il soit incarné par Marine Le Pen ou Jordan Bardella. « C’est l’adversaire principal puisqu’il paraît qu’il va gagner. Honnêtement, je ne le crois pas. Je ne sais même pas s’ils seront au deuxième tour. Je pense que nous allons les battre à plate couture », a-t-il affirmé.
Une confiance qui contraste avec les enquêtes d’opinion. Si le fondateur de LFI conserve un socle électoral solide, il demeure l’une des personnalités politiques les plus clivantes du paysage français, suscitant de forts taux de rejet. « C’est intéressant de voir qu’il est en baisse en termes d’image mais pas d’intention de vote », nuance Bernard Sananès, président de l’institut Elabe.
Des critiques venues de son propre camp
L’annonce a provoqué des réactions acerbes chez les anciens compagnons de route, évincés du parti en 2024. Le député Alexis Corbière, figure des « purgés », a vivement critiqué cette décision : « Les purges avaient une fonction : diffuser une culture de trouille afin qu’aucune émulation ne produise une autre candidature. Il avait dit « faites mieux », au final il fait pareil. »
Pour ces dissidents, le leader Insoumis n’aurait jamais réellement envisagé de passer la main, malgré ses déclarations répétées sur la nécessité d’un renouvellement. Un argument que balaient les fidèles du mouvement, qui mettent en avant la notoriété et l’expérience incomparables de leur candidat dans les quartiers populaires.
La course à l’Élysée est lancée
En officialisant sa candidature à moins d’un an du scrutin, Jean-Luc Mélenchon prend de vitesse l’ensemble de ses concurrents. À gauche, socialistes et écologistes doivent encore trancher leur mode de désignation. Au centre et à droite, les manœuvres s’intensifient également : Gabriel Attal multiplie les déplacements tandis qu’Élisabeth Borne vient de se retirer de la direction de Renaissance, illustrant les fractures au sein de l’ancienne majorité présidentielle.
La campagne qui s’ouvre s’annonce comme l’une des plus incertaines de la Ve République. Avec un paysage politique fragmenté, une situation internationale tendue et une crise économique qui se profile, le scrutin de 2027 pourrait réserver des surprises que les sondages actuels ne capturent pas encore.