L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy va bénéficier d’une libération conditionnelle à compter de ce jeudi 7 mai 2026, selon les informations obtenues par franceinfo auprès d’une source proche du dossier. Une décision qui marque un tournant dans le parcours judiciaire de l’ex-chef d’État, définitivement condamné dans l’affaire Bygmalion.
Le juge d’application des peines a tranché : Nicolas Sarkozy ne portera pas de bracelet électronique dans le cadre de cet aménagement de peine. La décision n’est toutefois pas encore définitive, les différentes parties conservant la possibilité de faire appel de ces modalités.
Une condamnation devenue définitive en novembre 2025
Pour rappel, Nicolas Sarkozy a été condamné en février 2024 par la cour d’appel de Paris à une peine d’un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, pour le financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Cette condamnation est devenue définitive le 26 novembre 2025, après le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation.
L’ancien président, aujourd’hui âgé de 71 ans, avait vu sa demande de confusion des peines rejetée en mars dernier par la justice. Cette procédure visait à regrouper les sanctions prononcées dans le dossier Bygmalion et dans l’affaire Bismuth — cette dernière concernant des écoutes téléphoniques pour lesquelles Nicolas Sarkozy a également été condamné.
Une libération sous conditions
La libération conditionnelle accordée par le juge d’application des peines permet à Nicolas Sarkozy de purger le reste de sa peine en dehors du cadre carcéral, sans port de bracelet électronique. Ce type d’aménagement est prévu par le code de procédure pénale pour les condamnés ayant atteint un certain âge ou présentant des garanties suffisantes de réinsertion.
L’ancien chef de l’État reste néanmoins sous le coup de plusieurs obligations liées à sa libération conditionnelle, dont les détails précis n’ont pas été rendus publics. La justice conserve la possibilité de révoquer cette mesure en cas de non-respect des conditions imposées.
Un feuilleton judiciaire de plusieurs années
L’affaire Bygmalion remonte à la campagne présidentielle de 2012, perdue par Nicolas Sarkozy face à François Hollande. Le système mis en place par l’UMP — ancien nom du parti Les Républicains — consistait à faire absorber par le parti une partie des dépenses de campagne, via de fausses factures émises par la société Bygmalion, afin de contourner le plafond légal des comptes de campagne.
Ce nouveau développement intervient alors que le paysage politique français reste marqué par les suites judiciaires de cette affaire, qui a profondément ébranlé la droite française et contribué à redéfinir les rapports entre justice et responsabilité politique.