More

    Le Code noir bientôt abrogé : pourquoi ce vote à l’Assemblée compte encore

    Le vote est unanime, mais le sujet ne relève pas seulement de la mémoire. En commission, les députés ont approuvé la proposition d’abrogation du Code noir, cet ensemble d’ordonnances royales qui a organisé l’esclavage dans les colonies françaises à partir de 1685. Près de deux siècles après l’abolition de l’esclavage, l’initiative revient rappeler qu’un texte peut avoir cessé de produire ses effets pratiques tout en continuant d’occuper une place lourde dans l’histoire politique et juridique du pays.

    Une étape parlementaire qui dépasse le symbole

    Selon LCP et France 24, la commission des lois de l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, le 20 mai, la proposition portée par le député Max Mathiasin. L’argument central est simple: si l’esclavage a été aboli en 1848, les textes qui l’ont codifié demeurent dans l’ombre du droit français comme un reliquat historique que la République n’a jamais formellement effacé.

    Le calendrier n’est pas neutre. Le vote intervient à l’approche du vingt-cinquième anniversaire de la loi Taubira de 2001, qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Dans ce contexte, l’abrogation apparaît comme une manière d’aligner davantage la mémoire légale du pays avec les principes qu’il affirme aujourd’hui.

    Pourquoi le Code noir reste un sujet sensible

    Le Code noir ne désigne pas un simple texte ancien tombé dans l’oubli. Il a fixé un cadre où des êtres humains étaient réduits au rang de biens meubles, soumis à des contraintes religieuses, à des châtiments corporels et à une logique de domination coloniale assumée. C’est précisément cette charge historique qui explique pourquoi son maintien formel choque encore des élus, des historiens et des associations mémorielles.

    Le débat actuel ne consiste pas à réécrire le passé. Il vise plutôt à clarifier ce que la République accepte encore de laisser dans ses archives normatives sans geste explicite de rupture. Pour une partie de la classe politique, ne rien faire revient à tolérer une survivance symbolique incompatible avec le récit démocratique français.

    Ce que le vote peut encore changer

    L’adoption en commission n’est qu’une étape, mais elle marque un consensus rare. Si le processus législatif aboutit, la portée sera d’abord politique et mémorielle. Elle dira que l’État ne se contente plus de condamner l’esclavage dans le discours contemporain: il retire aussi des textes fondateurs de son ordre juridique les traces de sa codification.

    Ce geste ne réparera ni l’histoire ni ses conséquences. Il peut en revanche renforcer une idée devenue centrale dans le débat public français: reconnaître les crimes du passé suppose aussi de traiter sérieusement les formes résiduelles, même symboliques, par lesquelles ce passé continue d’exister dans les institutions.

    Sources

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Actualités

    L’acteur de Friends, Matthew Perry, décède à 54 ans

    "Matthew Perry, célèbre pour son rôle de Chandler Bing dans Friends, décède à 54 ans. Acteur très apprécié, sa mort suscite l'émotion mondiale."

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge selon un expert militaire

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge pour contrer les Houthis au Yémen, une manœuvre vue comme une démonstration de force envers l'Iran.

    Le Retour de Microsoft avec Bing et Edge : Une Menace pour Google ?

    Depuis moins de trois mois, ChatGPT a déjà créé...

    L’affaire des SMS entre Pfizer et la Commission européenne : ce qu’il faut savoir

    En avril 2021, le New York Times a révélé...

    Banque suisse : Credit Suisse en chute libre après la faillite de la SVB

    L'action de Credit Suisse a dévissé de plus de...

    Hébron : des blessés palestiniens lors d’attaques de l’armée et de colons sionistes

    Dix Palestiniens ont été pris en charge à Hébron. D’autres incidents, arrestations et sièges de maisons ont été signalés en Cisjordanie.

    Syrie : une enquête annoncée après l’hospitalisation de Mohamed Ghmira

    Les autorités de Lattaquié annoncent une enquête après l’hospitalisation de Mohamed Ghmira. Le cas d’Abd al-Salam Akko ravive aussi le débat sur les détenus en Syrie.

    Liban : 11 morts après des frappes de l’État sioniste dans le Sud

    L’armée de l’État sioniste affirme avoir tué un commandant du Hezbollah. Les frappes de samedi ont fait 11 morts et 19 blessés, d’après le bilan rapporté.

    Iran : deux médiations en attente autour du détroit d’Ormuz

    Mascate travaille avec Téhéran sur l’organisation du trafic maritime, tandis qu’une initiative pakistanaise vise à rétablir un canal politique avec Washington.

    Syrie : des milliers de dounams agricoles endommagés à Quneitra

    La direction de l’agriculture de Quneitra évalue à plus de 4 800 dounams les pâturages, cultures d’hiver et vergers endommagés après des épandages signalés en janvier.

    Détroit d’Ormuz : condamnations du Golfe après trois attaques contre des navires d’ADNOC

    Trois navires d’ADNOC ont été visés dans le détroit d’Ormuz en deux soirs. Les pays du Golfe ont condamné les attaques.

    Gaza : une délégation du Hamas attendue au Caire pour discuter de l’accord

    Conduite par Khalil al-Hayya, une délégation du Hamas est attendue au Caire pour discuter de l’accord de cessez-le-feu à Gaza.

    Coupe du Roi d’Arabie saoudite : les 32es de finale lancent la 40e édition

    La Coupe du Roi d’Arabie saoudite lance ses 32es de finale sur quatre jours, avec 32 clubs engagés dans cette 40e édition.

    à Lire

    Categories