Le distributeur belge Colruyt annonce son retrait du marché français après la cession de 100 magasins à quatre enseignes concurrentes. Selon des sources concordantes, l’opération s’accompagne de plus de 700 suppressions d’emplois, dont environ 600 dans la région de Dole (Jura). Le porte-parole de Colruyt France précise que les contrats de travail prendront fin au plus tard courant mars et que la poursuite d’activité est assurée pour 2 080 salariés. Les sites logistiques, dont le siège de Rochefort-sur-Nenon, près de Dole, n’ont pas trouvé de repreneur à ce stade. «Cette situation conduit malheureusement à la suppression de 704 emplois», a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’entreprise. Les syndicats UNSA et CGT évoquent pour leur part 705 suppressions et soulignent que «705 familles qui vont basculer dans l’incertitude, la précarité et l’angoisse du lendemain», dans leur communiqué.

Colruyt met fin à ses activités en France et cède 100 magasins
Selon l’annonce, Colruyt va céder 81 magasins à Intermarché, 14 à Leclerc, 3 à Carrefour et 2 à Super U. L’accord majoritaire négocié avec les partenaires sociaux et validé par l’administration prévoit des indemnités supra-légales significativement supérieures aux pratiques du secteur, afin de préserver l’emploi autant que possible et de transférer une partie des activités.
«Colruyt Group a négocié et signé un accord majoritaire avec les partenaires sociaux, validé par l’administration», qui prévoit notamment «des indemnités supra-légales significativement supérieures aux pratiques habituellement observées dans le secteur de la grande distribution en France», a précisé l’entreprise.
Concrètement, Colruyt va céder 81 magasins à Intermarché, 14 à Leclerc, 3 à Carrefour et 2 à Super U, et l’accord entend préserver les droits et indemnités des salariés concernés.
Répercussions sur l’emploi et les sites concernés
Les chiffres sur les suppressions varient selon les sources. Selon les syndicats, 608 emplois seraient supprimés dans la région de Dole et 44 à Gondreville (Meurthe-et-Moselle), soit le siège de Colruyt France, ainsi que dans les services logistiques et de support technique. En outre, 53 emplois seront supprimés dans les cinq magasins non repris, à Carling et Faulquemont (Moselle), Sens (Yonne), Masevaux (Haut-Rhin) et Montchanin (Saône-et-Loire), selon les syndicats.
La direction rappelle que ces métiers «ne trouvent pas d’équivalent direct chez les repreneurs qui disposent déjà de ces effectifs»; en outre, l’opération est justifiée par les conditions difficiles sur le marché français, et Colruyt Retail France avait déjà signalé «des conditions difficiles sur le marché français très concurrentiel de la distribution alimentaire», lors d’une précédente communication.
En avril dernier, Colruyt Retail France évoquait des «conditions difficiles sur le marché français très concurrentiel de la distribution alimentaire», et ajoutait que «malgré d’importants efforts sur la rentabilité de ses activités françaises, les résultats escomptés n'(avaient) pas été atteints».