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    Conflit Israël-Iran : bilan et perspectives après la guerre de juin 2025

    Israël, Iran, États-Unis, Qatar

    Avant l’attaque illégale lancée par Israël contre l’Iran, l’étendue des affrontements entre Téhéran et Tel-Aviv se situait dans ce que l’on appelle la « zone grise », caractéristique d’une guerre asymétrique. Cependant, depuis deux semaines, la donne a changé, donnant lieu à un face-à-face direct entre ces deux acteurs régionaux.

    Le 13 juin 2025 à l’aube, le gouvernement israélien a annoncé via un communiqué officiel avoir mené une « attaque préventive » baptisée « Le lion qui monte ». Cette opération visait des installations clés, notamment des sites nucléaires ainsi que des unités de missiles et de drones à Natanz, Fordow, Khondab et Parchin.

    Simultanément, l’armée israélienne et le Mossad ont orchestré des assassinats ciblés contre de hauts commandants militaires et des figures majeures du programme nucléaire iranien.

    Durant les 12 jours de conflit entre Téhéran et Tel-Aviv, au moins 610 victimes iraniennes ont été dénombrées. L’armée israélienne a rapporté que plus de 480 cibles stratégiques à l’intérieur de l’Iran ont été frappées lors de ces attaques surprises.

    En riposte, les forces armées iraniennes ont lancé l’opération « Promesse sincère 3 », avec plus de 500 missiles tirés sur les territoires occupés en plus de 21 vagues offensives. Ces tirs ont causé la mort de 28 Israéliens et fait au moins 265 blessés.

    Après l’opération iranienne « Bashayer Al-Fath » contre le commandement américain « CENTCOM » à la base d’Al-Udeid, et en réaction à l’opération « Marteau de minuit », les États-Unis avec l’aide du Qatar ont initié des efforts de médiation entre l’Iran et Israël. Donald Trump a annoncé via le réseau « Truth Social » la conclusion d’une trêve entre les deux parties.

    La question cruciale demeure : cette trêve tiendra-t-elle ou le conflit reprendra-t-il entre Israël et l’Iran ?

    Objectifs d’Israël

    Peu après l’attaque d’envergure contre des cibles militaires et civiles iraniennes, les principaux dirigeants israéliens, dont Benjamin Netanyahu, Yisrael Katz et Gideon Sa’ar, ont déclaré que le but de cette guerre était la destruction des programmes nucléaires et balistiques iraniens.

    Toutefois, malgré la présentation officielle de ces objectifs en tant que priorité militaire, la réalité sur le terrain suggère que la droite israélienne poursuit des buts plus ambitieux :

    • Intensifier la propagande pour inciter la population iranienne à se soulever et changer le régime.
    • Modifier en profondeur la configuration politique du Moyen-Orient.

    Face à ces efforts, le peuple iranien a démontré une unité nationale ferme, rejetant ce projet israélo-américain.

    Au terme du conflit, Israël a annoncé avoir détruit 50% des lanceurs de missiles iraniens, visé 35 centres de fabrication de missiles et éliminé 11 scientifiques nucléaires.

    Cependant, malgré les proclamations de « grande victoire » par les autorités israéliennes, les faits révèlent que les frappes sur les programmes nucléaires et balistiques ont été limitées. Selon un sondage publié par le journal « Maariv », 65% des résidents des territoires occupés ne considèrent pas qu’Israël ait remporté une victoire nette.

    Objectifs de l’Iran

    Durant les 12 jours de combat, Téhéran a affirmé que ses priorités étaient :

    • Répondre efficacement à l’agression.
    • Protéger ses actifs stratégiques.
    • Punir l’agresseur pour restaurer la dissuasion.

    Le général Mousavi, chef d’état-major des forces armées, a précisé que les actions menées jusqu’alors étaient avant tout des avertissements visant à dissuader l’ennemi, avec une opération punitive décisive à venir.

    En raison des attaques israéliennes sur les systèmes de défense aérienne et radar iraniens, ainsi que des opérations sabotages du Mossad, Téhéran a concentré ses frappes sur des cibles stratégiques dans les territoires occupés, notamment :

    • La base aérienne de Nevatim.
    • La base aérienne d’Ovda.
    • La base militaire de Ramon.
    • Le siège central du Mossad.
    • La raffinerie de pétrole de Haïfa.

    « Gel des tensions » et reprise des négociations

    Après l’annonce du cessez-le-feu entre l’Iran et Israël, le président américain Donald Trump et son envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff ont confirmé la tenue de discussions informelles avec Téhéran pour relancer les négociations nucléaires.

    Washington aurait proposé des mesures incitatives, notamment un allégement partiel des sanctions, en particulier la vente de pétrole à la Chine. Selon la société « Kpler », les exportations pétrolières iraniennes ont atteint 2,2 millions de barils par jour, avec une projection à 2,4 millions prochainement.

    Par la suite, CNN a révélé une offre américaine de 30 milliards de dollars pour établir un programme nucléaire civil en échange de l’abandon de l’enrichissement iranien. Malgré cet intérêt de la Maison Blanche, le ministre iranien Abbas Araqchi a nié tout projet de reprise des négociations dans une interview à la télévision nationale.

    Des rapports du renseignement américain indiquent que les installations nucléaires iraniennes ne sont pas entièrement détruites. En effet, environ 400 kilogrammes d’uranium hautement enrichi sont toujours introuvables. La reprise des négociations semble par conséquent inévitable, à moins qu’Israël ne relance ses opérations militaires.

    « Recul tactique » et ouverture d’un nouveau « boîte de Pandore »

    Lors du sommet de l’OTAN aux Pays-Bas, Donald Trump a reconnu tacitement les lourds dégâts subis par Israël à la suite des attaques de missiles. Parallèlement, certaines sources ont évoqué la limitation des stocks israéliens de défense aérienne face à une offensive iranienne prolongée, information démentie à plusieurs reprises par l’armée israélienne.

    Dans ce contexte, Israël pourrait, après reconstruction et réévaluation de ses capacités militaires et de renseignement, entamer une nouvelle série d’attaques sous le prétexte de la persistance de la menace nucléaire et balistique iranienne.

    Les élites militaires, politiques et du renseignement iraniennes se préparent de manière réaliste à une possible reprise du conflit à court terme, s’appuyant sur les expériences au Liban et en Syrie ainsi que sur l’échec partiel des objectifs israéliens lors de la dernière guerre.

    Retour à la zone grise : ni guerre, ni paix

    Avant même l’attaque israélienne contre le consulat iranien à Damas le 1er avril 2024, le conflit entre l’Iran et Israël s’inscrivait dans une stratégie de « zone grise » où les deux parties évitaient un affrontement direct et total. L’escalade du 13 au 25 juin 2025 a amené certains experts en relations internationales à considérer qu’un retour à cette posture n’était plus envisageable.

    Cependant, une autre école de pensée estime que si les négociations entre l’Iran et les États-Unis échouent et qu’Israël ne souhaite pas déclencher une nouvelle guerre, alors les deux camps pourraient revenir à des méthodes de « guerre asymétrique » via :

    • Opérations de renseignements.
    • Campagnes diplomatiques.
    • Mobilisation d’alliés régionaux.
    • Utilisation d’outils économiques.

    Une guerre pour l’avenir du Moyen-Orient

    Le vainqueur du conflit Iran-Israël jouera un rôle décisif dans la « reconfiguration » du système régional en Asie de l’Ouest. La place de l’opération « Tempête d’Al-Aqsa » du 7 octobre 2023 dans la rivalité géostratégique entre les États-Unis, la Chine et la Russie illustre bien cette dynamique.

    Israël, allié stratégique américain en Méditerranée orientale, vise à éliminer l’axe de la résistance pour ouvrir la voie au corridor « Inde – Moyen-Orient – Europe » (IMEC) et contrer l’influence chinoise et russe dans l’océan Indien Nord.

    Les discussions autour d’une possible fin de la guerre à Gaza et l’expansion des accords d’Abraham pour inclure l’Arabie saoudite et la Syrie témoignent d’un projet conjoint entre Trump et Netanyahu visant à redessiner la carte du Moyen-Orient.

    source:https://www.aljazeera.net/opinions/2025/7/2/%d9%85%d9%86-%d8%ad%d9%82%d9%82-%d8%a3%d9%87%d8%af%d8%a7%d9%81%d9%87-%d9%81%d9%8a-%d8%a7%d9%84%d8%ad%d8%b1%d8%a8-%d8%a5%d8%b3%d8%b1%d8%a7%d8%a6%d9%8a%d9%84-%d8%a3%d9%85

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