Une étude d’opinion réalisée par l’institut Verian pour Le Monde et la revue L’Hémicycle, publiée ce dimanche, met en évidence une progression du soutien au Rassemblement national (RN). Selon ce sondage, environ 42 % des Français se disent d’accord avec les idées du parti, soit trois points de plus que l’an dernier et une progression de 13 points depuis 2022. En parallèle, 44 % expriment leur désaccord, en recul de six points. Ces chiffres traduisent une mobilisation croissante autour du RN, même si une part importante de la population demeure indécise ou opposée.

Concernant la dangerosité perçue du parti, 41 % des répondants estiment que le RN représente un danger (+3 points sur un an), tandis que 44 % pensent le contraire (-7). Le clivage se dessine différemment chez les sympathisants des Républicains : 30 % considèrent le RN comme xénophobe et 59 % ne le pensent pas, avec 11 % sans opinion. Sur la question antisémite, 38 % estiment que le RN est antisémite et 47 % pensent le contraire, 15 % sans opinion.
En ce qui concerne la capacité du RN à participer à un gouvernement, 44 % des sondés estiment qu’il en a la capacité (+3 points), et 37 % pensent qu’il n’a pas vocation à rassembler les votes d’opposition (-6 points). Plus largement, 69 % des Français pensent que le RN peut accéder au pouvoir (+1 point), contre 16 % qui pensent le contraire (-5 points) et 14 % sans opinion (+3).
Sur la présidentielle de 2027, le sondage place Jordan Bardella devant les autres pour le RN dans le rôle de candidat le mieux placé. Les répondants considèrent à 70 % que Jean-Luc Mélenchon représente aujourd’hui un danger pour la démocratie, suivi d’Éric Zemmour à 65 % et d’Emmanuel Macron à 56 %. Marine Le Pen est citée par 49 % et Jordan Bardella par 47 %. Si l’on demande qui a le plus de chances de l’emporter, 49 % répondent le président du RN, contre 18 % pour Marine Le Pen et 33 % restent sans opinion. Par ailleurs, Marine Le Pen, confrontée à un appel relatif à son procès, est vue comme traitée comme n’importe quel justiciable par 50 % des Français; 36 % estiment que le traitement est plus sévère pour des raisons politiques, 14 % restent sans opinion.
L’enquête a été réalisée en ligne du 1er au 5 janvier auprès de 1 511 personnes représentatives de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas et une stratification par région et catégorie d’agglomération.