Le débat autour du projet de loi sur la sécurité en Italie a pris une tournure inattendue avec la suspension de son examen au Sénat, provoquant une vive polémique politique. Cette mesure, adoptée à la demande du groupe Frères d’Italie (FdI), a suscité l’indignation des oppositions qui dénoncent une atteinte aux prérogatives du Parlement.

Suspension du projet de loi et transformation en décret
Le Sénat a décidé de suspendre l’examen du projet de loi sur la sécurité, en réponse à une requête formulée par le groupe Frères d’Italie. Cette décision intervient après plusieurs mois de discussions en commission. Le texte devrait désormais être présenté sous la forme d’un décret-loi, une procédure qui a permis de débloquer une impasse au sein de la majorité gouvernementale.
Lucio Malan, président des sénateurs de Frères d’Italie, a justifié cette suspension en expliquant qu’il était « normal de suspendre la discussion du projet de loi jusqu’à la conversion en loi du décret-loi », précisant que les deux chambres du Parlement ne pouvaient pas traiter simultanément un même sujet, ici les mesures de sécurité.
Réactions et critiques des oppositions
Cette manœuvre parlementaire a suscité une forte opposition, notamment de la part de Peppe De Cristofaro, chef du groupe Alliance Verts et Gauche, et président du groupe mixte au Sénat. Il a vigoureusement dénoncé une « suspension de la démocratie » et un « véritable coup de force contre le Parlement », accusant la droite au pouvoir de manquer de retenue.
Pour De Cristofaro, l’argument avancé concernant le nombre excessif d’amendements au projet de loi est inacceptable, car « c’est le prix de la démocratie ». De leur côté, d’autres voix, comme celle de Riccardo Magi du parti +Europe, ont soulevé des questions de constitutionnalité concernant le décret, le qualifiant d’illégitime et portant atteinte aux compétences parlementaires.
Contenu et entrée en vigueur du décret sécurité
Le décret sécurité, publié au Journal officiel vendredi dernier, est entré en vigueur dès le lendemain. Il reprend le contenu principal du projet de loi initial, avec quelques modifications demandées par le Quirinal. Cette transformation du projet de loi en décret vise à accélérer l’adoption de mesures jugées prioritaires dans le contexte actuel.
Les critiques soulignent cependant que ce décret rassemble des dispositions très diverses, issues du projet de loi discuté depuis janvier 2024, et questionnent la justification d’une urgence extraordinaire pour sa mise en œuvre.