Des détenus de haut rang de l’EI ont été transférés de Syrie vers l’Irak, selon des sources de sécurité, dont 85 Irakiens et 65 personnes d’origine européenne, soudanaise, somalienne ou caucasienne. Ils occupent le rang d’« émir » au sein de l’organisation et « tous ont participé aux opérations » de Daesh en Irak et en Syrie, selon ces informations. Le transfert intervient après des affrontements entre l’armée syrienne et les forces kurdes et alors que les centres de détention pourraient être fragilisés par des failles dans la surveillance. Mercredi, Washington avait annoncé le transfert de 150 membres vers un lieu sûr en Irak, et les autorités évoquent jusqu’à 7 000 prisonniers concernés.
Des Européens parmi les 150 détenus transférés de Syrie vers l’Irak
Selon des responsables de sécurité irakiens, ce groupe comprend « des Européens, des Asiatiques, des Arabes et des Irakiens », et l’ensemble est composé de 150 personnes transférées mercredi. Des chiffres convergents avancent que 85 détenus sont Irakiens et 65 d’origine « européenne, soudanaise, somalienne ou caucasienne », désormais détenus dans une prison de Bagdad.
Les responsables ajoutent que ces détenus « ont le rang d’« émir » et « tous ont participé aux opérations de l’EI en Irak », selon l’une des sources.
Par ailleurs, l’Irak appelle au rapatriement de ces Européens, une position relayée par le Premier ministre qui a estimé que les pays européens devraient rapatrier leurs ressortissants prisonniers de l’EI. Des responsables européens et des experts cités par l’AFP soulignent toutefois que les poursuites seraient difficiles sans preuves suffisantes.
Des craintes d’évasions et le contexte international pèsent sur le dossier: la Commission européenne s’est dite « extrêmement préoccupée » par de possibles évasions, et Heiko Wimmen, directeur de projet de l’International Crisis Group pour l’Irak, la Syrie et le Liban, expliquait à l’AFP que les pays européens hésitent à rapatrier sans garanties de poursuite. Le transfert intervient alors que les forces kurdes avaient été contraintes de se retirer d’al-Hol, le plus grand camp de proches de djihadistes, pour défendre leurs zones face à l’armée syrienne; l’ONU a décrit la situation comme « volatile ».

Appels au rapatriement des ressortissants et inquiétudes sur la sécurité
Dans la foulée, le chef du gouvernement irakien Mohamed Chia al-Soudani a appelé, lors d’une conversation téléphonique avec le président français Emmanuel Macron, les pays européens à rapatrier leurs ressortissants prisonniers de l’EI, ce qu’ils refusaient jusqu’à présent selon les détails relayés par l’AFP.
Selon Heiko Wimmen, directeur de projet de l’International Crisis Group pour l’Irak, la réticence européenne s’explique par l’impossibilité de poursuivre ces détenus sans preuves suffisantes, ce qui rend le rapatriement difficile à mettre en œuvre.
Par ailleurs, le camp d’al-Hol demeure une source d’inquiétude: l’Organisation mondiale a indiqué que la situation reste volatile et que l’accès des travailleurs humanitaires a été entravé par les combats et les évacuations. Al-Hol abrite quelque plus de 23 000 personnes, en grand nombre des femmes et des enfants, dont près de 15 000 Syriens et plus de 2 200 Irakiens; outre les Irakiens, les étrangers sont au nombre de 6 280, selon l’administration précédente. Un second camp, Roj, accueille 2 328 personnes et un cessez-le-feu proclamé mardi soir est globalement respecté; des évacuations de prisonniers kurdes vers Damas ont été organisées sous la garde syrienne.
