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À Deir el-Balah, la première forte pluie de la saison hivernale n’a pas été une bénédiction mais une nouvelle catastrophe pour Samar al‑Salmi et sa famille. Leur tente de fortune, située dans un camp de déplacés, a été submergée dès l’aube, transformant le sol en mare de boue et ruinant les affaires préparées pour l’accouchement à Gaza. La scène a laissé les habitants à réparer tant bien que mal ce que l’eau a détruit, tandis que les matelas et les vêtements gisaient détrempés au soleil d’hiver.
La pluie détruit les préparatifs pour la naissance
Samar, 35 ans, est sur le point d’accoucher et voit disparaître tout ce qu’elle avait préparé pour son nouveau‑né. Les vêtements du bébé, les couches et la boîte de lait infantile ont été retrouvés couverts de boue. Elle soulève de minuscules vêtements tachés de brun et décrit, la voix étranglée, la perte de ces éléments essentiels.
Alors qu’elle essaie de sauver couvertures et habits, son mari et ses frères remplissent de sable les mares d’eau pour rendre l’espace à nouveau praticable. Matelas, vêtements et objets de première nécessité sont éparpillés et impropres à l’usage, et la jeune femme s’inquiète de la façon dont elle pourra donner naissance dans de telles conditions.

Samar al‑Salmi avait préparé couches et autres affaires pour son bébé, mais la montée des eaux les a détruites.
Un père accablé par l’impuissance
Abdulrahman al‑Salmi, 39 ans, raconte comment il a tout abandonné pour revenir auprès de sa femme lorsque celle‑ci l’a appelé en panique. Il décrit l’intérieur de la tente devenu « comme une piscine », les enfants grelottant dehors et les voisins s’affairant à extraire l’eau à la pelle et au seau.
Sa détresse se double de l’impossibilité de subvenir aux besoins de la famille face à l’inflation. Il évoque les prix qui ont flambé : des couches qui coûtaient autrefois 13 shekels se retrouvent vendues 85, et le lait en poudre atteint des tarifs inabordables.

Abdulrahman al‑Salmi se dit frustré et impuissant alors qu’il tente de réparer la tente et d’assurer le minimum pour sa famille.
Sécher les effets et tenter de rendre la tente habitable
Après l’inondation, Samar s’efforce de sécher les affaires pour rendre la tente partiellement habitable. Elle a d’abord placé le sac pour l’hôpital dans la tente de sa mère, pensant qu’il y serait en sécurité, mais la pluie a envahi tous les abris alentour et a noyé les provisions.
La jeune femme s’interroge sur l’ordre des priorités : laver et réchauffer ses enfants, sécher des matelas gelés par le froid ou se préparer elle‑même à l’accouchement qui peut survenir à tout moment. Le manque d’un toit solide se fait cruellement sentir alors que l’hiver commence à peine.

Samar tente de rendre la tente vivable en séchant les biens familiaux et en protégeant ce qui reste.
Des déplacements répétés et des enfants en souffrance
Comme de nombreuses familles dans la bande de Gaza, la famille al‑Salmi a été déplacée à plusieurs reprises : Khan Younis, Rafah, Nuseirat puis Deir el‑Balah. Chaque refuge visité a fini par être détruit, laissant la famille sans autre choix que de vivre sous des bâches et des tentes fragiles.
Les enfants payent le prix le plus lourd : Mohammad, 7 ans, Kinan, 5 ans, et Yaman, 3 ans, souffrent du froid, d’un manque de vêtements et d’affections répétées. Récemment, certains d’entre eux ont dû être amenés à l’hôpital après des morsures d’insectes dans le camp.

Les enfants grelottent dans des vêtements sales, et les nuits froides aggravent maladies et souffrances.
Un appel urgent pour des abris dignes
Au‑delà des secours immédiats, le couple réclame une dignité perdue : un toit véritable et la reconstruction de leurs maisons. Samar rappelle que la tente n’est pas une solution viable — trop chaude en été, inondée en hiver — et demande des abris plus solides en attendant une solution durable.
Ils lancent un appel direct aux organisations humanitaires pour obtenir des biens essentiels et un endroit sûr où se préparer à l’accouchement à Gaza. Les besoins immédiats sont simples mais vitaux :
- vêtements et couches secs,
- matelas et couvertures,
- abris fermés ou caravanes temporaires,
- accès aux soins pour la mère et les enfants.

Les pluies hivernales ont inondé les tentes à Deir el‑Balah, et d’autres précipitations sont attendues dans les semaines à venir.
En étalant une nouvelle couche de sable, Abdulrahman résume leur condition par une phrase crue : « Honnêtement… nous sommes devenus des corps sans âme. » Leur souhait le plus pressant reste de retrouver un abri digne où accueillir leur enfant.