Le procès civil de Gilbert Rozon, entamé le 9 décembre au palais de justice de Montréal, a pris un tournant marquant avec le témoignage de Guylaine Courcelles. Cette dernière accuse l’ex-magnat de l’humour d’agression sexuelle survenue en 1987, alors qu’elle était jeune employée du Festival Juste pour rire.
Témoignage de Guylaine Courcelles
Guylaine Courcelles, lors de son témoignage, a expliqué qu’elle avait 22 ans lorsqu’elle a été engagée comme adjointe à la logistique pour le festival. Sa tâche consistait à gérer les réservations d’hôtels et d’avions. En quête d’un emploi plus stable au sein de l’organisation, elle a sollicité une rencontre avec Gilbert Rozon pour discuter de ses opportunités professionnelles.
Rozon, qui lui avait initialement suggéré de se rencontrer, a proposé de discuter autour d’un verre lors d’un 5 à 7. Cependant, à la place de se rendre à un bar, il l’a conduite dans sa voiture, une situation qu’elle a trouvée « bizarre ». Une fois arrivés à son domicile, il a insisté pour qu’ils prennent un verre ensemble et a même rapporté de la nourriture.
La soirée tourne mal
Au cours de la soirée, Rozon a justifié son incapacité à reconduire Courcelles chez elle en affirmant qu’il ne pouvait pas conduire après avoir bu. Il lui a alors proposé de passer la nuit dans une chambre d’invités.
Mme Courcelles a relaté que malgré l’inconfort de la situation, rien d’inapproprié ne s’était produit pendant la soirée. Soulagée, elle s’est mise au lit, pensant que le stress était derrière elle. Toutefois, peu après, elle a découvert Rozon nu dans l’embrasure de la porte de sa chambre.
Un acte inacceptable
Rozon s’est approché d’elle sur le lit, tentant de l’enlacer et de l’embrasser. Courcelles, horrifiée, a tenté de le repousser en criant : « Mais qu’est-ce que tu fais ? » Il lui a demandé de se détendre, mais elle a ressenti qu’il ne prenait pas son refus au sérieux. Elle s’est tournée sur le côté, dos à lui, pour éviter tout contact.
La situation a pris une tournure encore plus déplorable lorsqu’il a évoqué des sujets inappropriés, allant jusqu’à éjaculer dans son dos. « J’étais dégoûtée, je ne savais pas quoi faire », a-t-elle témoigné, ajoutant qu’elle est restée là, attendant que la nuit se termine.
Suite du procès
Le procès continue, et Mme Courcelles poursuivra son témoignage mardi après-midi. Gilbert Rozon pourra également présenter sa version des faits lors de cette affaire où près de 14 millions d’euros sont réclamés par les demanderesses.

