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    Harvard refuse les exigences de Trump et perd 2,2 milliards de financements

    États-Unis

    Le président des États-Unis, Donald Trump, a intensifié son affrontement avec l’université Harvard en menaçant de lui retirer son exemption fiscale si l’institution continue de promouvoir des idées qualifiées d’« inspirées par la politique, l’idéologie et le terrorisme ». Cette annonce survient après le gel de financements fédéraux considérables, évalués à environ 2 milliards d’euros, décidé par son administration.

    Une suspension massive des financements fédéraux

    Peu après avoir critiqué publiquement Harvard sur la plateforme Truth Social, Trump a ordonné la suspension immédiate de 2,2 milliards de dollars (environ 2 milliards d’euros) en subventions ainsi que 60 millions de dollars (près de 55 millions d’euros) en contrats destinés à l’université. Cette mesure fait suite au refus d’Harvard de se plier à une série d’exigences gouvernementales, dans le cadre d’une lutte contre l’antisémitisme sur les campus, notamment alimenté selon la Maison-Blanche par des manifestations contre la guerre dans la bande de Gaza.

    Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, a déclaré : « Des actes d’antisémitisme et de harcèlement ont eu lieu sur le campus d’Harvard, ciblant des étudiants juifs ». La suspension des fonds fédéraux constitue donc une réponse directe à cette situation.

    Pression accrue sur les universités d’élite américaines

    Depuis son retour à la présidence, Donald Trump a durci sa politique envers les grandes universités américaines, menaçant de couper les financements fédéraux, notamment ceux alloués à la recherche. Le 14 avril, Harvard est devenue la première grande université à rejeter publiquement les demandes du gouvernement, accusant ce dernier de vouloir exercer un contrôle excessif sur sa communauté académique.

    Parallèlement, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a signalé la révocation soudaine de visa pour neuf étudiants et doctorants étrangers, sans avertissement préalable. De son côté, l’université de Cambridge a dénoncé l’absence d’explications officielles de la part du gouvernement fédéral. Sa présidente, Sally Kornbluth, a exprimé une « extrême inquiétude » quant aux conséquences, pointant le risque de rendre les États-Unis moins attractifs pour les talents internationaux, ce qui pourrait affecter durablement la compétitivité et le leadership du pays.

    Menace sur le statut d’exemption fiscale

    Le mardi 15 avril, Donald Trump a menacé d’aller plus loin que la simple suspension des fonds, en ciblant directement le statut fiscal d’Harvard. Sur Truth Social, il a rappelé que « l’exemption fiscale est totalement conditionnée à l’action dans l’intérêt public ». Aux États-Unis, les universités, en tant qu’organismes à but non lucratif, bénéficient d’une exonération d’impôts fédéraux sur leurs revenus. Toutefois, ce privilège peut être retiré si ces institutions dévient de leurs objectifs initiaux ou s’engagent dans des activités politiques.

    Perdre ce statut pourrait coûter à Harvard des millions d’euros par an, ce qui représenterait un impact financier majeur.

    Les exigences gouvernementales envers Harvard

    Selon une lettre datée du 11 avril, dévoilée par le New York Times, Harvard aurait violé les « conditions relatives aux droits intellectuels et civils » justifiant l’accès aux financements fédéraux. Le document liste dix modifications exigées, parmi lesquelles :

    • La nécessité de signaler au gouvernement fédéral les étudiants considérés comme « hostiles » aux valeurs américaines.
    • L’assurance que chaque département académique accueille des « points de vue diversifiés ».
    • La nomination d’un organisme externe approuvé par le gouvernement pour superviser les programmes accusés de favoriser le harcèlement antisémite.
    • Un contrôle du corps enseignant pour détecter d’éventuels cas de plagiat.

    Le refus catégorique de Harvard

    Le président d’Harvard, Alan Garber, a fermement rejeté ces demandes, invoquant l’indépendance de l’université et le respect du Premier Amendement de la Constitution américaine qui garantit la liberté d’expression.

    « Bien que certaines initiatives du gouvernement visent à combattre l’antisémitisme, la majorité des exigences représente une ingérence directe dans les « conditions intellectuelles » de Harvard », a-t-il déclaré.

    Donald Trump a par ailleurs accusé les universités de ne pas avoir suffisamment protégé les étudiants juifs lors des manifestations contre la guerre à Gaza, qui ont secoué de nombreux campus américains l’année dernière. L’administration réclame à Harvard des mesures disciplinaires pour les violations survenues lors de ces protestations.

    Conséquences immédiates : gel des fonds et réactions

    Peu après cette prise de position, le département de l’Éducation a confirmé le gel immédiat de près de 2 milliards d’euros en subventions et de 55 millions d’euros en contrats pour Harvard. Dans un communiqué, l’administration a dénoncé ce qu’elle qualifie de « mentalité de privilège » ancrée dans les universités prestigieuses américaines, tout en condamnant l’interruption des activités éducatives sur les campus et les actes de harcèlement envers les étudiants juifs.

    En réaction, l’ancien président Barack Obama a salué le courage d’Harvard : « L’université a donné l’exemple en rejetant une tentative illégitime de restreindre la liberté académique tout en prenant des mesures concrètes pour garantir un environnement de respect mutuel à tous les étudiants. Espérons que d’autres institutions suivront. »

    Réactions dans le milieu académique

    David Armitage, professeur d’histoire à Harvard, a qualifié cette action de « mesure inattendue et punitive » visant à « faire taire la liberté d’expression ». Il souligne que la solidité financière de Harvard, avec une dotation de 53 milliards de dollars (environ 49 milliards d’euros), lui permet de résister à ces pressions.

    En mars, l’administration avait déjà annoncé la révision de financements fédéraux à hauteur de 230 millions d’euros en subventions et contrats, ainsi que d’engagements pluriannuels totalisant plus de 7,9 milliards d’euros. Plusieurs professeurs ont alors lancé une procédure judiciaire, accusant le gouvernement de s’attaquer à la liberté académique et d’expression.

    Un précédent à Columbia University

    Harvard n’est pas la seule cible de l’administration Trump. Le mois dernier, la Columbia University de New York a accepté plusieurs exigences du gouvernement après le retrait de 400 millions de dollars (environ 370 millions d’euros) de financements fédéraux. Un sondage Gallup mené l’an dernier a révélé une baisse de confiance du public américain envers l’enseignement supérieur, notamment parmi les électeurs républicains, en raison de la perception grandissante que les universités promeuvent une agenda politique.

    La capitulation de Columbia a toutefois suscité des protestations internes. Récemment, Mohsen Mahdawi, un organisateur pro-palestinien détenteur d’une carte verte et proche de l’obtention de son diplôme, a été arrêté par les services d’immigration lors d’un entretien de naturalisation dans le Vermont. D’autres activistes liés aux manifestations anti-guerre, issus de Columbia et de l’université Tufts, ont aussi été interpellés ces dernières semaines.

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    source:https://www.ilmessaggero.it/mondo/trump_harvard_sospende_fondi_studenti_ebrei_bullizzati_cosa_e_successo-8781066.html

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