Dans un discours relayé samedi, l’ayatollah Ali Khamenei affirme que les États-Unis visent l’Iran et appelle à briser le dos des séditieux, après une vague de manifestations qui a été fortement réprimée et a fait des morts selon des ONG. Il assure qu’il n’y aura pas de guerre, mais promet de ne pas épargner les criminels nationaux ou internationaux. Des mesures techniques, notamment une coupure d’internet, ont été présentées comme nécessaires pour masquer la brutalité de la répression.
Khamenei affirme que les États-Unis veulent avaler l’Iran
« L’objectif des Etats-Unis est d’avaler l’Iran », a-t-il déclaré lors de son discours, ajoutant que « l’objectif est de replacer l’Iran sous domination militaire, politique et économique ». Il a ensuite enchaîné : « Par la grâce de Dieu, la nation iranienne doit briser le dos des séditieux, tout comme elle a brisé le dos de la sédition ». Cette prise de position survient alors que les manifestations, déclenchées le 28 décembre à Téhéran, ont été fortement réprimées et que les autorités ont coupé l’accès à Internet pour limiter l information, selon des groupes de défense des droits humains.

La répression et le blocage d’internet: un contexte international
Selon Iran Human Rights (IHR), au moins 3 428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement fin décembre; les chiffres restent difficiles à vérifier dans un contexte où les autorités ont aussi procédé à un grand nombre d’arrestations et où les images des morgues saturées ont circulé sur les réseaux. Netblocks a indiqué une « très légère » reprise de l’activité internet le 17 janvier, mais la connectivité globale demeure « environ 2% des niveaux habituels », rendant tout retour à la normale incertain.

Réactions et contexte américain
Plusieurs articles soulignent que Donald Trump a menacé à plusieurs reprises d’intervenir contre la répression en Iran; de son côté, il a annoncé qu’il avait « remercié » le gouvernement iranien d’avoir annulé « toutes les pendaisons prévues » de manifestants. Par ailleurs, Khamenei a réaffirmé que « c’était un complot américain », et que les États-Unis poursuivent leur stratégie visant à « avaler l’Iran ». Ces échanges s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues et d’ampleur des arrestations et des restrictions sur l’information, alors que les ONG et les médias internationaux suivent l’évolution de la situation.