Des drones ukrainiens ont frappé dimanche le port russe de Primorsk, sur la mer Baltique, dans une nouvelle salve d’attaques qui vise directement l’infrastructure énergétique de Moscou. Kiev affirme avoir touché un terminal pétrolier stratégique ainsi que plusieurs navires, tandis que les autorités russes disent avoir contenu les dégâts et écarté tout risque de marée noire.
La séquence illustre une intensification de la guerre des drones. Selon Reuters et France 24, l’attaque sur Primorsk s’est accompagnée d’autres frappes sur le front russe, y compris dans la région de Moscou. L’Ukraine présente cette campagne comme un moyen de réduire la capacité de guerre de la Russie en ciblant ses exportations d’hydrocarbures, ses navires et ses installations logistiques.
Primorsk, un maillon clé de l’export pétrolier russe
Primorsk est l’un des principaux points de sortie du brut russe sur la Baltique. Le site peut traiter jusqu’à un million de barils par jour, ce qui en fait une infrastructure sensible pour les revenus énergétiques de Moscou. D’après les sources reprises par Reuters et France 24, le port a été brièvement touché par un incendie après l’attaque, avant que les autorités régionales ne disent qu’il avait été rapidement éteint.
Le gouverneur de la région, Alexander Drozdenko, a indiqué que plus de 60 drones avaient été abattus dans la nuit. Il a également affirmé qu’aucune fuite de pétrole n’avait été constatée. Dans le même temps, Volodymyr Zelensky a présenté l’opération comme une frappe réussie contre un nœud logistique important de l’effort de guerre russe.
Pression sur l’énergie, pression sur le récit
Au-delà du seul port, l’épisode a une portée politique et économique plus large. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a prévenu que des attaques répétées contre les infrastructures pétrolières russes pourraient faire monter les prix mondiaux du pétrole. C’est un message destiné à montrer que l’impact de ces frappes dépasse le front militaire et peut toucher les marchés internationaux.
Pour Kiev, l’objectif est inverse : montrer que la Russie paie un coût réel pour la poursuite de la guerre et que ses infrastructures sensibles restent vulnérables. Cette logique de pression asymétrique s’inscrit dans une stratégie plus vaste qui combine frappes de drones, attaques de longue portée et ciblage de l’économie de guerre russe.
Une autre frappe près de Zaporizhzhia
Al Jazeera rapporte par ailleurs qu’une attaque de drone a également touché un laboratoire externe près de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, en Ukraine occupée par la Russie. L’Agence internationale de l’énergie atomique a demandé un accès au site, tandis que l’institution rappelait les risques de sécurité nucléaire associés à toute frappe à proximité d’une installation de ce type.
Le fait que ces deux attaques se déroulent quasiment au même moment souligne l’ampleur du bras de fer. La guerre ne se limite plus aux lignes de front terrestres : elle s’étend aux ports, aux routes de l’énergie, aux navires et aux sites hautement sensibles. C’est aussi ce qui rend chaque nouvelle salve plus lourde de conséquences potentielles, qu’il s’agisse des prix du pétrole, de la sécurité maritime ou du risque nucléaire.
Pour l’heure, ni Moscou ni Kiev ne donnent de signe d’une désescalade immédiate. Au contraire, les deux camps montrent qu’ils continuent de miser sur les drones comme instrument central de la guerre, avec des effets qui se mesurent désormais bien au-delà du champ de bataille.