Israël a ordonné dimanche de nouveaux déplacements forcés dans plus de dix localités du sud du Liban, y compris dans des zones situées au-delà de son périmètre actuel d’occupation, malgré la trêve fragile conclue avec le Hezbollah. Dans un message publié en arabe sur X, le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a demandé aux habitants d’évacuer immédiatement leurs maisons et de se déplacer d’au moins 1 000 mètres vers des zones ouvertes.
L’ordre vise plusieurs villages et bourgs, notamment dans le district de Nabatieh, dont certains se trouvent au nord du fleuve Litani. Or, au sud de ce fleuve, Israël a déjà déployé ses troupes. Quelques heures plus tard, l’Agence nationale de presse libanaise a fait état d’une série de frappes israéliennes dans le sud du pays, touchant aussi des localités qui ne figuraient pas dans l’avis d’évacuation.
Depuis le 17 avril, un cessez-le-feu négocié par les États-Unis est censé mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah. Mais sur le terrain, la situation reste volatile. Mercredi, le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, a menacé de frapper le Hezbollah « au-delà de la ligne jaune », qui délimite la zone contrôlée par l’armée israélienne.
« Toute menace, où qu’elle se trouve, contre nos communautés ou nos forces, y compris au-delà de la ligne jaune et au nord du Litani, sera éliminée », a-t-il déclaré lors d’une visite à des soldats israéliens. Dans la semaine écoulée, deux militaires et un contractuel de l’armée ont été tués par des attaques de drones dans la région, et des dizaines d’autres soldats ont été blessés.
Les États-Unis appellent à des négociations de paix directes entre le Liban et Israël, mais le président libanais Joseph Aoun a estimé mercredi qu’Israël devait d’abord appliquer pleinement le cessez-le-feu avant tout dialogue. Selon des sources citées depuis Beyrouth, l’accord, en vigueur depuis la mi-avril et récemment prolongé jusqu’à la mi-mai, n’existerait « que sur le papier ».
Sur le terrain, les bombardements se poursuivent. Toujours selon ces observations, Israël maintient cinq divisions de son armée dans le sud du Liban et mène une campagne soutenue de destructions et de frappes contre des habitations. La portée des ordres d’évacuation de dimanche illustre, selon ces mêmes sources, une extension continue de la zone d’opérations israélienne.
Le ministère libanais de la Santé a indiqué qu’au moins dix personnes avaient été tuées samedi dans des attaques israéliennes à travers le pays. Depuis l’escalade de la guerre entre Israël et le Hezbollah, le 2 mars, le bilan s’élève à 2 659 morts et 8 183 blessés, selon les autorités libanaises.