More

    Rencontre Trump-Netanyahu à Mar‑a‑Lago : échecs et implications

    Israël, États-Unis, Palestine, Turquie, Iran, Somaliland, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Allemagne, Royaume-Uni

    La visite de Benjamin Netanyahu à Mar‑a‑Lago n’a pas rapporté les garanties qu’il espérait. Après plusieurs jours de spéculations dans la presse israélienne, le Premier ministre est reparti sans que Washington n’exclue la Turquie d’une force de stabilisation à Gaza ni n’accorde formellement une « feuille blanche » pour une frappe israélienne contre l’Iran. La rencontre confirme l’asymétrie manifeste dans la relation entre Donald Trump et son invité israélien.

    Aucun compromis obtenu sur la Turquie et l’Iran

    Netanyahu cherchait des concessions précises avant la rencontre : empêcher toute présence turque dans la force de stabilisation à Gaza et obtenir l’aval américain pour une action militaire contre l’Iran. Sur ces deux points il n’a pas obtenu satisfaction.

    Le président Trump a évoqué sa bonne relation avec Recep Tayyip Erdogan et a salué le respect mutuel entre les deux dirigeants, revenant ainsi sur l’idée d’une exclusion turque. S’agissant de l’Iran, Trump a parlé de la volonté iranienne « de faire un accord » et a défini des lignes directrices pour l’implication américaine, sans pour autant autoriser une opération israélienne unilatérale.

    La lecture donnée par certains médias israéliens d’un « feu vert » américain pour frapper Téhéran ne se reflète pas dans la déclaration officielle de la Maison‑Blanche.

    Gaza : promesses vagues sur la reconstruction et la désarmement

    Sur la reconstruction de Gaza, Trump a déclaré que les travaux commenceraient « bientôt », sans préciser de calendrier ni de modalités concrètes. Pour la question cruciale du désarmement du Hamas, il a insisté sur la nécessité d’un processus effectif, ajoutant que près de 60 États pourraient intervenir si besoin.

    Le mouvement palestinien a déjà conditionné son désarmement à la mise en place d’une force dirigée par des Palestiniens, position qui n’a pas été contredite publiquement par Trump. Par ailleurs, la Maison‑Blanche n’a pas mentionné le destin des derniers otages détenus à Gaza comme condition explicite pour passer à une « phase II » du plan proposé.

    Gestes symboliques et rapports de force

    La dimension symbolique de la visite a été particulièrement révélatrice. En qualifiant Netanyahu de « grand premier ministre en temps de guerre » tout en présentant son propre plan de paix, Trump a envoyé un message double : reconnaissance publique et pression implicite sur la durée du mandat du leader israélien.

    La relation s’est illustrée également par un moment anecdotique mais parlant : un bref entretien téléphonique entre Trump et le ministre israélien de l’Éducation, Yoav Kish, au cours duquel ce dernier a informé le président qu’il figurerait parmi les lauréats du Prix d’Israël en 2026. Cette scène a été perçue comme un exemple de la manière dont les marques d’honneur viennent sceller l’obéissance et la proximité.

    Enfin, Trump a affirmé avoir discuté avec le président israélien Isaac Herzog d’une éventuelle grâce pour Netanyahu — une conversation qu’Herzog a ensuite niée.

    Répercussions régionales et impasses politiques

    Plusieurs analystes estiment que la visite s’inscrit dans un schéma plus large : les États‑Unis recentrent une partie de leur stratégie vers l’Asie, laissant la région au soin d’Israël pour contenir les menaces iraniennes. Dans ce contexte, les tensions internes aux pays arabes et les rivalités régionales compliquent toute réponse collective.

    Des voix critiquent par ailleurs le maintien d’actions israéliennes lourdes à Gaza — bombardements, destructions d’infrastructures, restrictions humanitaires — et dénoncent l’absence de pression américaine pour mettre fin à ces pratiques. Selon ces observateurs, ces opérations prolongent une dynamique de violence qui a des effets profonds sur la société israélienne elle‑même : hausse de la violence interne, recul démocratique et persistance d’un état de guerre permanent.

    Parallèlement, des initiatives évoquées dans certains milieux, comme la « réinstallation » de Palestiniens vers le Somaliland ou la reconnaissance de cette entité pour créer des zones de relégation, alimentent les inquiétudes quant à une stratégie visant à régler la question palestinienne par des déplacements et des arrangements géopolitiques plutôt que par une solution politique durable.

    Perspectives et impasses

    La visite à Mar‑a‑Lago illustre une réalité douloureuse : malgré la puissance militaire et le soutien international d’une partie des alliés, Israël semble confronté à des impasses stratégiques et politiques. Les options sur la table pour obtenir une paix durable ou une stabilisation viable apparaissent limitées.

    Pour l’heure, la coopération entre Washington et Tel‑Aviv reste largement axée sur des intérêts immédiats et symboliques, tandis que les problèmes structurels — droits des Palestiniens, reconstruction de Gaza, désarmement durable — demeurent sans solution claire. La rencontre Trump‑Netanyahu a confirmé l’ampleur des désaccords tactiques et l’absence d’engagements contraignants pour sortir de l’impasse régionale.

    source:https://www.aljazeera.com/opinions/2025/12/30/netanyahus-mar-a-lago-win-that

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici


    Actualités

    L’acteur de Friends, Matthew Perry, décède à 54 ans

    "Matthew Perry, célèbre pour son rôle de Chandler Bing dans Friends, décède à 54 ans. Acteur très apprécié, sa mort suscite l'émotion mondiale."

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge selon un expert militaire

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge pour contrer les Houthis au Yémen, une manœuvre vue comme une démonstration de force envers l'Iran.

    L’affaire des SMS entre Pfizer et la Commission européenne : ce qu’il faut savoir

    En avril 2021, le New York Times a révélé...

    Banque suisse : Credit Suisse en chute libre après la faillite de la SVB

    L'action de Credit Suisse a dévissé de plus de...

    Le Retour de Microsoft avec Bing et Edge : Une Menace pour Google ?

    Depuis moins de trois mois, ChatGPT a déjà créé...

    BCE, Banque de France, OCDE : trois signaux macroéconomiques qui pèsent sur la France cet été

    Alors que la BCE laisse entendre qu'une nouvelle hausse des taux est improbable en juillet, la Banque de France ramène sa prévision de croissance 2026 à 0,5 % et l'OCDE confirme que la France reste l'un des cancres budgétaires de la zone euro. Trois signaux qui dessinent un été tendu pour le portefeuille des Français et les comptes de l'État.

    Espagne : la croissance continue de défier la sinistrose française

    Le ministre espagnol de l'Économie Carlos Cuerpo a annoncé...

    à Lire

    Categories