Donald Trump a réaffirmé son intérêt pour le Groenland et annoncé une réunion des parties à Davos, au Forum économique mondial, au moment où le territoire autonome danois est au cœur de tensions entre Washington et l’Europe sur son avenir et sur des instruments économiques. Il a laissé entendre que les dirigeants européens n’opposeraient probablement pas une forte résistance à ses projets et a évoqué des surtaxes potentielles sur plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne. L’Union européenne a répliqué par le dialogue et la mise à disposition d’outils si une escalade commerciale venait à se produire, en rappelant la souveraineté du Groenland et du Danemark. Des mesures diplomatiques et militaires, comme une mission de surveillance OTAN envisagée avec le Danemark et le Groenland, ont été évoquées et des avions américano-canadiens pourraient bientôt arriver.

À Davos, Trump pousse la question du Groenland et des droits de douane
Lors d’une intervention à Davos, Donald Trump a déclaré “ Je ne pense pas qu’ils vont résister beaucoup. Nous devons l’avoir ”, ajoutant que le Groenland était « impératif pour la sécurité nationale et mondiale. Il ne peut y avoir de retour en arrière », et affirmant avoir « J’ai accepté une réunion des différentes parties à Davos, en Suisse ». Cette déclaration a alimenté les débats sur les objectifs américains et sur les menaces économiques évoquées lors de rencontres internationales.
L’Union européenne a répliqué en privilégiant le « dialogue » plutôt que « l’escalade », tout en se disant prête à réagir et disposée d’« outils » si le président américain venait à mettre à exécution ses menaces commerciales. « Dans le même temps, l’Union européenne reste prête à continuer de travailler étroitement avec les Etats-Unis, l’Otan et d’autres alliés, en étroite coopération avec le Danemark, afin d’avancer sur nos intérêts communs en matière de sécurité », a déclaré Ursula von der Leyen lors d’une rencontre avec une délégation bipartite du Congrès américain au Forum de Davos.
Les pressions américaines ne modifient pas la position du Groenland, soucieux de son droit à l’autodétermination et sa souveraineté, a réaffirmé son Premier ministre Jens-Frederik Nielsen. Il est appuyé par des habitants qui mettent en avant la notion de non‑vente du Groenland et la préférence pour une solution respectueuse de la population locale; des voix telles que Hans Zeeb déclarent « Le Groenland n’est pas à vendre », et Nina Carlsen, une salariée locale, rappelle que les habitants veulent la paix et la stabilité.
Des avions d’un commandement militaire américano-canadien doivent « bientôt arriver » au Groenland pour participer à des « activités prévues de longue date » sur ce territoire autonome danois; le Danemark et le Groenland ont par ailleurs proposé la création d’une mission OTAN de surveillance, coordonnée avec les autorités locales.
Réactions européennes et position du Groenland
Les dirigeants européens prévoient un sommet extraordinaire à Bruxelles jeudi pour évoquer les récents propos de Trump sur le Groenland et la question des droits de douane. Le président français Emmanuel Macron compte demander l’activation de l’instrument anticoercition de l’UE, qui permet de limiter les importations provenant d’un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer des investissements.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a pour sa part fait savoir qu’il allait « essayer de rencontrer le président Trump mercredi ». La question du Groenland sera abordée par les ministres des Finances du G7, et le Danemark et le Groenland ont proposé la création d’une mission de surveillance de l’OTAN; les responsables européens réaffirment leur volonté de gérer la situation sans violer les droits du Groenland et du Danemark. Des voix locales, comme Hans Zeeb et Nina Carlsen, rappellent l’attachement des habitants à leur territoire et à leurs droits.
En parallèle, Ursula von der Leyen a souligné que l’UE reste prête à coopérer avec les États-Unis et l’OTAN dans le cadre des intérêts communs en matière de sécurité et de souveraineté; les Européens insistent sur le respect « sans équivoque » de la souveraineté du Groenland et du Danemark lors de leur discussion du Forum de Davos.