Le lait végétal s’est imposé comme une alternative de plus en plus populaire au lait de vache, notamment chez les Français qui digèrent mal le lactose ou qui souhaitent réduire leur consommation de produits animaux. Entre les versions à l’avoine, à l’amande ou au soja, le rayon des boissons végétales affiche une promesse simple : plus de diversité, plus de praticité et, souvent, une image jugée plus saine. Mais toutes les briques vendues en supermarché ne se valent pas.
Dans son livre Le guide d’achat pour bien manger (éd. First), le médecin nutritionniste Jean-Michel Cohen met en garde contre trois laits végétaux qu’il juge trompeurs, malgré un emballage rassurant et un Nutri-Score flatteur. Leur point faible ? Une teneur en sucre trop élevée et des apports nutritionnels parfois trop limités pour en faire de vraies bonnes options au quotidien.
Les boissons végétales séduisent de plus en plus de consommateurs
Les boissons végétales ont gagné du terrain dans les habitudes alimentaires. Selon écotable, un Français sur quatre en consomme désormais tous les jours. Entre 2017 et 2023, les ménages ont acheté 14 % de boissons végétales en plus et 8 % de lait en moins, d’après FranceAgriMer.
Cette évolution s’explique en partie par l’intolérance au lactose, qui concernerait 30 à 50 % des Français selon l’Assurance maladie. À cela s’ajoutent des motivations liées au bien-être animal et à l’impact environnemental. Lorsque ces boissons sont peu transformées, elles peuvent être une alternative intéressante, avec du calcium, des vitamines comme la D et la B12, des fibres ou encore de bonnes graisses insaturées.
Le problème apparaît quand le marketing masque une composition moins vertueuse. Certaines briques affichent un visuel rassurant, un Nutri-Score correct et des promesses « healthy », mais leur profil nutritionnel reste discutable. C’est précisément ce que pointe Jean-Michel Cohen.
3 laits végétaux à éviter selon Jean-Michel Cohen
Le médecin nutritionniste estime que certaines boissons végétales de supermarché donnent une impression trompeuse de santé. Voici les trois références qu’il déconseille en particulier.
Noisette Gourmande d’Alpro
Avec son emballage vert et blanc et son image très « healthy », cette boisson à la noisette attire facilement l’œil. Pourtant, Jean-Michel Cohen ne la recommande pas, car ses apports nutritionnels sont trop faibles pour en faire un choix réellement intéressant. Selon lui, les premiers ingrédients sont l’eau et le sucre, tandis que la noisette n’apparaît qu’en troisième position, à seulement 2,8 %.
Le médecin précise que les enrichissements en vitamines et minéraux ne suffisent pas à compenser la présence d’un jus sucré. Même si le Nutri-Score affiché est B, la boisson reste trop sucrée. Il souligne aussi que la version cacao atteint près de 7 g de sucre pour 100 ml, soit 17,5 g dans une tasse de 250 ml.
Boisson Végétale Avoine Bio de Bjorg
Cette boisson bio bénéficie d’une image très positive auprès des consommateurs. Pourtant, le packaging peut prêter à confusion, car il affiche un Planet-Score A avec un design proche du Nutri-Score, ce qui peut induire les acheteurs en erreur. En réalité, le Nutri-Score est B, et la composition ne tient pas toutes les promesses suggérées par la brique.
Jean-Michel Cohen souligne qu’elle ne bénéficie d’aucun enrichissement. Elle ne contient ni vitamines ni calcium pour compenser sa teneur en sucre, qui atteint 4 g pour 100 ml. Pour le spécialiste, il s’agit d’un « carton rouge » pour Bjorg, car l’eau glucidique utilisée dans sa préparation reste trop peu intéressante sur le plan nutritionnel.
Boisson Végétale Riz Châtaigne de Bjorg
Notée B au Nutri-Score, cette boisson végétale est aussi déconseillée par le médecin en raison de sa forte teneur en glucides. Jean-Michel Cohen rappelle qu’elle ne contient aucun sucre ajouté, mais que la présence de 15 % de purée de châtaigne et de riz fait grimper son taux de glucides à 14 %.
Il va même plus loin en estimant qu’elle est encore plus sucrée que 100 ml de Coca-Cola. Là où le soda contient 10 g de glucides pour 100 ml, cette boisson végétale en affiche 14 g pour la même quantité. Un écart qui contredit son image de boisson saine.
La meilleure alternative : préparer sa boisson végétale maison
Pour éviter les additifs, les conservateurs et les sucres cachés, Jean-Michel Cohen recommande une solution simple : fabriquer soi-même sa boisson végétale. Le principe est accessible à tous et ne demande que deux ingrédients, de l’eau et la base végétale de son choix.
Pour une boisson à l’amande, il suffit de mixer pendant 2 à 3 minutes 200 g d’amandes, de préférence bio, avec 1 litre d’eau, jusqu’à obtenir un mélange lisse. Il faut ensuite filtrer le tout à l’aide d’une passoire fine ou d’un sac à lait végétal. Le même principe fonctionne pour d’autres recettes, comme la boisson à l’avoine, préparée avec 100 g de flocons d’avoine et 1 litre d’eau à mixer.
Les boissons maison se conservent jusqu’à 5 jours au réfrigérateur dans une bouteille hermétique. Pour le médecin, c’est la solution la plus naturelle pour profiter d’un lait végétal sans transformation superflue ni mauvaise surprise sur l’étiquette.
Le message est clair : un emballage séduisant, un Nutri-Score favorable ou une image bio ne garantissent pas une boisson végétale réellement équilibrée. Avant d’acheter, mieux vaut vérifier la liste des ingrédients, la teneur en sucre et l’éventuel enrichissement en nutriments.