En Espagne, à Barcelone, le lundi 30 juin 2025, une agente d’entretien âgée de 51 ans est décédée à la fin de sa journée de travail, effectuée en pleine chaleur de 14 h à 21 h. L’Europe de l’Ouest fait face à une canicule sans précédent. Si la cause exacte n’est pas encore définitivement établie, l’hypothèse d’un coup de chaleur est évoquée au vu des températures étouffantes.
De l’incitation à l’obligation : le cadre juridique 2025
En France, un décret publié au Journal officiel le 1er juin 2025 et entré en application le 1er juillet 2025 renforce les obligations des employeurs en matière de prévention du risque chaleur. Cette mesure marque un passage, selon la ministre déléguée au Travail, d’une logique d’incitation à une logique d’obligation, en introduisant la chaleur comme un risque professionnel.
La ministre indique que l’inspection du travail pourra être amenée à réaliser des contrôles afin de vérifier la mise en œuvre des nouvelles dispositions et à sanctionner les employeurs qui ne prennent pas les mesures nécessaires pour protéger les salariés contre les fortes chaleurs.
Des mesures concrètes : eau, ombre et adaptation
Le décret impose notamment l’obligation pour l’employeur de mettre à disposition des travailleurs de l’eau potable et fraîche pour se désaltérer et se rafraîchir. Lorsque l’eau courante n’est pas disponible, la quantité doit être d’au moins trois litres par jour et par travailleur, avec un moyen de conserver cette eau au frais.
- Fournir de l’eau potable et fraîche pour se désaltérer et se rafraîchir.
- En l’absence d’eau courante, assurer au minimum trois litres par jour par salarié, et prévoir un système de refroidissement (réfrigérateur ou équivalent).
- Limiter les activités en extérieur durant les heures les plus chaudes et mettre à disposition un local ou un abri à l’ombre.
- Aménager les postes de travail pour atténuer les effets du rayonnement solaire et de la chaleur, via des dispositifs filtrants ou occultants, de la ventilation ou de la brumisation.
L’inspection du travail et le cadre opérationnel
Si ces dispositions constituent une avancée, elles manquent encore de précisions, notamment sur les horaires exacts et les températures ciblées, sans chiffres affichés publiquement. Le décret prévoit toutefois des équipements adaptés pour les salariés, comme des vêtements respirants ou rafraîchissants, des couvre-chefs et des lunettes, sans détailler les obligations vestimentaires spécifiques.
En cas de manquement, les salariés peuvent saisir l’inspecteur du travail ou leur comité social et économique (CSE) afin d’obtenir des mesures correctives. Lors de l’été 2024, près de 1 500 contrôles avaient été menés par l’inspection du travail, et l’objectif est de dépasser ce chiffre durant la saison estivale 2025.
