Joy Milne, infirmière à la retraite vivant dans la ville écossaise de Perth, a détecté la maladie de Parkinson chez son mari douze ans avant le diagnostic officiel, grâce à un changement d’odeur corporelle. Cette découverte a ouvert la voie à une piste fascinante sur le lien entre le sens olfactif et les maladies neurodégénératives. Son récit rappelle l’importance d’identifier précocement des signes qui peuvent conduire à un traitement plus adapté.
Elle se souvient: « Il avait une odeur de moisi assez désagréable, surtout au niveau des épaules et de la nuque, et sa peau avait définitivement changé ». Cette observation a été le point de départ d’une série d’études qui ont transformé la façon dont la science envisage le dépistage de Parkinson.
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative progressive, caractérisée par la destruction de neurones du cerveau et l’accumulation d’amas protéiques toxiques. Le système nerveux perd progressivement sa capacité à produire la dopamine, ce qui entraîne des troubles moteurs et d’autres symptômes. Les premiers signes moteurs apparaissent lorsque 50 à 70 % des neurones dopaminergiques sont détruits et que le cerveau ne peut plus compenser.
Contexte et découverte précoce
La maladie de Parkinson est une pathologie neurodégénérative progressive, caractérisée par la destruction de neurones dopaminergiques et l’accumulation d’amas protéiques toxiques pour les cellules nerveuses. Cette altération chimique du cerveau entraîne des symptômes moteurs et non moteurs qui évoluent au fil du temps. Le diagnostic est souvent posé après l’apparition des signes cliniques, lorsque 50 à 70 % des neurones dopaminergiques sont perdus.
Les symptômes moteurs typiques comprennent la difficulté d’initier le mouvement, la rigidité des membres et les tremblements au repos, qui peuvent limiter la vie quotidienne. Plusieurs personnes atteintes partagent une odeur particulière ou des indices sensoriels qui peuvent précéder les symptômes visibles. Cette révélation a inspiré les chercheurs à explorer des indicateurs non traditionnels pour un dépistage plus précoce.
Le lien entre l’odeur et la maladie
Joy Milne n’a pas immédiatement établi un lien entre l’odeur et Parkinson. Des années plus tard, lors du diagnostic, son mari présentait ce même signal odorant, et des patients soutenus dans un groupe d’aide au Royaume‑Uni partageaient une odeur similaire. Ces observations répétées ont convaincu les chercheurs de l’existence d’un biomarqueur olfactif potentiel pour la maladie.
Cet élan a conduit l’Université de Manchester à développer un test de frottement de la peau, destiné à détecter Parkinson avec une grande précision. Le test repose sur l’analyse du sébum, la substance huileuse qui se trouve à la surface de la peau.
Le travail a été présenté dans le cadre d’une collaboration entre laboratoires de recherche et hôpitaux, afin de valider et de transférer la méthode en pratique clinique.
Le test de frottement de la peau: méthode et résultats
Les chercheurs ont prélevé du sébum sur le dos des volontaires et ont utilisé une technologie avancée pour analyser les molécules présentes. L’étude a permis d’identifier plus de 4 000 substances différentes, dont environ 500 variaient clairement entre les personnes atteintes de Parkinson et les personnes en bonne santé. Ces différences pourraient éclairer le mécanisme de la maladie et renforcer les pratiques de diagnostic.
Le test de confirmation, une fois opérationnel, pourrait être utilisé par les médecins généralistes pour émettre un premier diagnostic et orienter les patients vers des examens complémentaires. La directrice de recherche a indiqué que le travail se déplace progressivement du laboratoire vers les interfaces hospitalières pour un usage clinique plus large. Le but est d’élargir la vérification du test et d’en tester l’efficacité chez un plus grand nombre de participants.
- Test de frottement du dos, ciblant le sébum, avec une efficacité estimée à environ 95% dans la détection de Parkinson.
- Analyse de près de 4 000 substances, dont environ 500 montrent des variations marquées entre Parkinson et non Parkinson.
- Préparation à la transition vers les laboratoires hospitaliers et à des essais cliniques plus larges.
Selon Perdita Barran, directrice de recherche, « pour l’instant, nous l’avons développé dans un laboratoire de recherche et nous travaillons maintenant avec des collègues des laboratoires d’analyse des hôpitaux pour leur transférer notre test afin qu’ils puissent l’utiliser ». « Nous espérons que d’ici deux ans, nous pourrons commencer à tester des personnes à Manchester », ajoute-t-elle.
Perspectives cliniques et avenir du dépistage
Ce test de confirmation continue d’être optimisé et son objectif est d’être utilisé en pratique par les médecins généralistes comme outil complémentaire pour émettre un premier diagnostic de Parkinson. L’équipe souligne que le transfert vers les hôpitaux est en cours et que des essais sur des personnes sont envisagés prochainement.
En résumé, les chercheurs espèrent démarrer des tests à grande échelle sur des personnes d’ici deux ans, afin de proposer une approche de dépistage plus précoce et plus accessible. Ce développement pourrait ainsi améliorer le repérage précoce de Parkinson et offrir de nouvelles perspectives thérapeutiques.