Le neurologue et cardiologue Eric Topol estime qu’une nuit de sommeil d’environ 7 heures constitue la meilleure durée pour préserver à la fois le cerveau et le cœur. Selon lui, dormir trop peu comme dormir trop longtemps peut augmenter plusieurs risques de santé, notamment sur le plan cognitif et cardiovasculaire.
7 heures de sommeil : la durée idéale selon Eric Topol
Professeur en médecine translationnelle au Scripps Research Translational Institute, Eric Topol défend une approche précise du sommeil plutôt qu’une idée reçue selon laquelle « plus on dort, mieux c’est ». Il recommande environ sept heures par nuit pour viser une santé cognitive et cardiovasculaire optimale.
Le spécialiste s’appuie notamment sur les données de la UK Biobank, qui a suivi près de 500 000 participants, ainsi que sur d’autres travaux jugés solides. Pour lui, le sommeil ne se résume pas à sa durée : sa qualité compte tout autant, en particulier pour l’efficacité du système glymphatique, chargé de nettoyer le cerveau pendant le sommeil profond non-REM.
Pourquoi dormir trop peu ou trop longtemps peut poser problème
Eric Topol insiste sur le fait qu’un sommeil insuffisant ou excessif peut dérégler plusieurs mécanismes essentiels de l’organisme. Il évoque notamment un risque accru de démence, d’inflammation, de troubles métaboliques et de maladies cardiaques lorsque le sommeil s’éloigne de la zone idéale.
Le professeur explique qu’un sommeil supérieur à sept heures peut, de manière surprenante, être associé à des signes de déclin cognitif et de fragilité de la santé mentale. Les études qu’il cite dessinent un profil en U : en dessous de sept heures, les risques cognitifs augmentent, tandis qu’au-delà de huit heures, la mortalité globale serait plus élevée, avec une hausse d’environ 30 %.
Les effets d’un sommeil inférieur à 7 heures
Lorsque la nuit est trop courte, le cerveau se nettoie moins efficacement. Le système glymphatique, moins actif, favorise alors l’accumulation de protéines bêta-amyloïdes, associées à la maladie d’Alzheimer. Cette perturbation peut contribuer à une dégradation progressive des fonctions cognitives.
Le manque de sommeil est aussi lié à un risque accru de démence, ainsi qu’à une hausse du risque cardiovasculaire, métabolique et inflammatoire. Eric Topol souligne qu’après sept heures, chaque heure de sommeil perdue accroîtrait les maladies cardiovasculaires d’environ 6 %.
- Nettoyage du cerveau moins efficace pendant la nuit
- Accumulation plus importante de bêta-amyloïdes
- Risque de démence en hausse
- Augmentation du risque cardiovasculaire
- Stress métabolique et inflammatoire plus élevé
L’approche “Lifestyle+” pour améliorer la qualité du sommeil
Pour optimiser le sommeil profond, Eric Topol recommande une stratégie fondée sur des habitudes de vie simples et régulières. Il explique avoir lui-même augmenté son sommeil profond d’une heure par nuit en adoptant une routine de coucher plus stricte, tout en arrêtant de faire de l’exercice et de manger tard le soir.
Il met également en garde contre les traitements à court terme de l’insomnie, en particulier ceux appartenant à la classe des sédatifs-hypnotiques non-benzodiazépiniques. Selon lui, les traitements hypnotiques peuvent bloquer le flux glymphatique, pourtant essentiel au nettoyage du cerveau.
Parmi les gestes qu’il recommande, on retrouve la régularité des horaires de coucher et de réveil, un dîner pris trois à quatre heures avant le sommeil, ainsi qu’un environnement de chambre obscur, calme et frais. Il conseille aussi d’éviter la lumière bleue et l’alcool le soir, tout en maintenant une activité physique régulière, mais pas trop tardive.
Le rôle de l’apnée du sommeil dans la qualité du repos
Eric Topol souligne enfin l’importance de la prise en charge de l’apnée du sommeil. Ce trouble peut altérer la qualité du repos nocturne et empêcher d’atteindre la durée de sommeil nécessaire à un bon équilibre cérébral et cardiovasculaire.
En améliorant la qualité du sommeil et en visant environ sept heures par nuit, le spécialiste estime qu’il est possible de mieux soutenir les fonctions du cerveau, de limiter certains risques à long terme et de favoriser une santé globale plus stable.