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    Gaza : la santé mentale en crise après deux ans de guerre dévastatrice

    Palestine

    Au cœur d’un paysage humain ravagé par la destruction, le déplacement et la privation, la santé mentale à Gaza frôle l’effondrement total. Après près de deux ans de guerre qui n’ont laissé ni pierre ni vie intacte, les services psychiatriques sont en miettes et les populations croulent sous des traumatismes profonds. Les professionnels sur place tentent tant bien que mal d’endiguer une crise psychologique généralisée alors que les ressources font cruellement défaut.

    Un système de soins à genoux

    Selon le directeur de l’hôpital psychiatrique de Gaza, la totalité de la structure des soins psychiques a été gravement affectée. L’hôpital psychiatrique unique du territoire a subi des destructions, de même que plusieurs cliniques relevant du ministère de la Santé.

    Près de huit unités de soins primaires offrant des services de santé mentale ont été détruites. Le personnel médical compte parmi les victimes, blessés ou déplacés, ce qui a réduit la capacité d’intervention.

    Avant la guerre, le ministère couvrait environ 80 % des services de santé mentale ; aujourd’hui cette part a fortement diminué et les organismes non gouvernementaux et le secteur privé peinent à compenser.

    Estimation des personnes touchées

    Évaluer précisément le nombre de personnes souffrant de troubles psychiques causés par la guerre reste difficile. Pendant le conflit, le recours aux services a diminué, les populations priorisant la survie matérielle — abri, nourriture et sécurité.

    Avec l’annonce d’une trêve, les demandes de prise en charge ont augmenté de manière significative. Le directeur estime que la majorité des habitants présentent des troubles allant de modérés à sévères.

    Troubles observés et particularités cliniques

    Les troubles de stress aigu et de stress post-traumatique dominent les consultations. Les manifestations cliniques se présentent parfois différemment de ce que décrivent les manuels, avec des symptômes nouveaux ou atypiques.

    Quelques exemples frappants : un enfant ayant assisté à la mort de son frère a perdu tout sentiment de sécurité, et une adolescente de 18 ans a développé, en quelques mois, un blanchiment prématuré des cheveux lié à un choc psychologique majeur.

    Risques de comportements dangereux

    Les autorités médicales ont constaté des comportements à risque et des tentatives d’actions mettant la vie en danger. Certaines personnes ont pris des décisions risquées dans des zones exposées, traduisant une forme d’auto-exposition dangereuse liée à la détresse psychique.

    Les données précises sur les suicides manquent, mais les observations cliniques laissent redouter une augmentation des comportements autodestructeurs parmi les personnes les plus atteintes.

    Groupes les plus vulnérables

    Les populations les plus affectées sont :

    • les enfants, victimes directes du traumatisme et de la perte d’un environnement sécurisé ;
    • les personnes âgées, notamment celles à mobilité réduite privées de dispositifs d’aide ;
    • les femmes, en particulier les femmes enceintes et celles ayant subi des violences ou des pertes graves.

    Ces groupes souffrent d’une combinaison d’isolement, d’absence de soutien et de rupture des services essentiels.

    Impact sur le développement des enfants

    L’exposition répétée aux bombardements, aux déplacements et à la perte d’êtres chers risque d’entraîner des troubles mentaux durables chez les enfants : stress post-traumatique, anxiété chronique, dépression et difficultés comportementales.

    Les programmes thérapeutiques destinés aux enfants restent très limités et ne répondent pas à l’ampleur du besoin ; leur extension est urgente pour prévenir des séquelles à long terme.

    Patients psychiatriques préexistants

    Les personnes suivies pour des troubles mentaux avant la guerre ont été particulièrement exposées : rupture des traitements médicamenteux, destruction des structures de soins et absence de personnels de suivi.

    Actuellement, les soins disponibles sont fragiles, dispensés dans des points provisoires dépourvus d’intimité et avec un accès aux médicaments réduit de moitié par rapport à la période préconflit.

    Adaptation des hôpitaux et réponse sur le terrain

    Les équipes médicales ont tenté de créer des points de soins alternatifs et des services de terrain, mais ces initiatives sont limitées par le manque de personnel, d’équipements et d’espace.

    Des locaux ont été loués pour assurer la confidentialité des patients, mais certains ont été construits dans des zones redevenues « zones rouges » et ont été détruits avant de pouvoir fonctionner.

    Services actuels et capacité des équipes

    Les services disponibles comprennent :

    • psychothérapie de base ;
    • soutien psychosocial communautaire ;
    • consultations psychiatriques limitées.

    Les équipes restent insuffisantes face à une demande en forte hausse, et les points d’accueil ne peuvent absorber ni le nombre ni la complexité des cas post-conflit.

    Programmes en camps et centres d’hébergement

    Des interventions existent ponctuellement dans les camps et centres d’accueil, mais elles demeurent incomplètes et rarement accessibles à l’ensemble des personnes vulnérables.

    La plupart des déplacés n’ont toujours pas bénéficié de soutien psychologique adéquat, accentuant le risque d’aggravation des troubles.

    Disponibilité des médicaments

    L’approvisionnement en psychotropes est gravement perturbé : la disponibilité est estimée à moins de 50 % de ce qui était accessible avant la guerre.

    Ce manque rend difficile la prise en charge efficace des troubles sévères et complique le suivi des patients chroniques.

    Évolution de la stigmatisation

    Le tabou autour des troubles mentaux s’est atténué : après les violences et les pertes massives, parler de souffrance psychique est devenu plus accepté.

    Cette évolution sociale accroît la demande de soins, mais sans moyens supplémentaires, les services ne peuvent répondre à cet appel croissant.

    Coopération avec les organisations internationales

    La collaboration existe en théorie, mais sa mise en œuvre reste limitée. Une clinique du Comité international de la Croix‑Rouge à Dier al‑Balah offre des services intégrés malgré le contexte sécuritaire difficile (.

    – Le directeur des secours médicaux à Gaza signale la persistance des difficultés des services de santé et l’espoir d’acheminement des fournitures nécessaires : Gaza | Santé Mentale | Guerre | Enfants | Traumatisme | Psychologie | Conflits | Crise Humanitaire | Palestine

    source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/10/25/%d9%85%d8%af%d9%8a%d8%b1-%d9%85%d8%b3%d8%aa%d8%b4%d9%81%d9%89-%d8%a7%d9%84%d8%b7%d8%a8-%d8%a7%d9%84%d9%86%d9%81%d8%b3%d9%8a-%d8%a8%d8%ba%d8%b2%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%ad%d8%b1%d8%a8

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