La médecine française compte désormais davantage de femmes que d’hommes, une première historique révélée par le dernier rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), publié le 28 juillet 2025. Le document dresse un état des lieux des effectifs des professionnels de santé au 1er janvier 2025 et retrace leur évolution depuis 2012. En parallèle, il confirme une hausse continue du nombre de médecins en France.
Un nombre de médecins en hausse depuis 2012
En 2012, la France comptait 216 000 médecins. Treize ans plus tard, ils sont 237 000, soit une progression nette qui traduit le retour à la hausse des effectifs médicaux. Cette évolution s’explique d’abord par l’augmentation progressive du numerus clausus, le nombre de médecins autorisés à entrer en deuxième année d’études de médecine, mise en place à partir de 2012.
La réforme a ensuite été modifiée en 2020 avec l’arrivée du numerus apertus, un système dans lequel la limitation est fixée par les établissements eux-mêmes et non plus directement par l’État. Cette transformation a contribué à soutenir les promotions de futurs praticiens. Selon la DREES, la hausse devrait encore s’accélérer avec l’arrêt complet de ces restrictions en 2026.
Les femmes médecins dépassent les hommes pour la première fois
La donnée la plus marquante du rapport concerne la féminisation du corps médical. Alors qu’elles étaient environ 90 000 en 2012, contre 127 000 hommes, les femmes médecins sont désormais plus nombreuses que leurs confrères : 118 957 contre 118 257. C’est la première fois en France que ce seuil est franchi.
Cette évolution est particulièrement visible chez les plus jeunes générations. Environ 60 % des médecins de moins de 40 ans sont des femmes, tandis que les praticiens de plus de 55 ans restent majoritairement des hommes. Le basculement générationnel confirme une transformation profonde de la profession médicale en France.
Une répartition différente selon les spécialités médicales
Malgré cette progression, les femmes médecins s’orientent davantage vers la médecine générale que vers les spécialités. Cette tendance peut refléter plusieurs réalités, notamment une forme d’auto-censure ou des contraintes familiales qui pèsent encore dans les choix de carrière.
La féminisation du métier ne signifie donc pas une répartition uniforme des parcours. Les écarts observés entre médecine générale et spécialités restent un indicateur important des inégalités persistantes dans l’accès à certaines fonctions au sein de la profession médicale.
Chirurgiens-dentistes, pharmaciens, podologues : d’autres professions suivent la même évolution
Le rapport de la DREES montre que cette dynamique touche aussi d’autres professions de santé. Chez les chirurgiens-dentistes, le nombre de femmes progresse également, au point que la profession est passée d’une majorité masculine à une quasi-parité. En 2012, 61 % des chirurgiens-dentistes étaient des hommes ; ils sont 50 % aujourd’hui.
Le même mouvement est observé chez les pharmaciens et les podologues, deux métiers où les femmes représentent environ deux tiers des effectifs. Mais là encore, les trajectoires professionnelles diffèrent selon le sexe :
- les pharmaciennes exerçant en officine sont majoritairement salariées ;
- les hommes choisissent plus souvent de détenir leur propre établissement.
Le nombre de pharmaciens devrait lui aussi continuer à augmenter dans les prochaines années, puisque leur formation a également été encadrée par le numerus clausus puis par le numerus apertus.
Les sages-femmes, une profession toujours très féminisée
Le métier de maïeuticien, plus connu sous le nom de sage-femme, fait depuis longtemps figure d’exception dans la répartition femmes-hommes des professions de santé. La prédominance féminine y reste écrasante : 97 % des maïeuticiens sont des femmes.
La DREES souligne ainsi que certaines professions médicales et paramédicales demeurent fortement marquées par la féminisation, tandis que d’autres connaissent encore des équilibres différents selon les spécialités, les modes d’exercice et les générations.