Un nouvel essai clinique, baptisé Enlighten, pourrait marquer un tournant dans le dépistage du cancer. Mené par l’unité d’essais cliniques de Southampton et développé par Proteotype Diagnostics, il évalue la capacité d’un simple test sanguin à détecter les premiers signes de 10 types de cancer différents.
Contrairement aux approches classiques qui traquent les traces d’ADN tumoral, cette méthode repose sur l’analyse de protéines spécifiques présentes dans le sang. Les chercheurs veulent aussi déterminer si ce test peut identifier avec précision le type de cancer en cause. Sur les 1 000 patients attendus, 450 participent déjà à cette étude prometteuse.
Un test sanguin fondé sur les protéines et la réponse immunitaire
L’objectif de l’essai Enlighten est de mesurer certaines protéines circulant dans le sang, considérées comme des indicateurs précoces de maladie. Selon les chercheurs, même aux premiers stades du cancer, la réponse immunitaire de l’organisme peut provoquer la libération de niveaux plus élevés de ces protéines.
Cette approche pourrait offrir un nouvel outil de diagnostic précoce, complémentaire des méthodes existantes. Les scientifiques espèrent qu’elle permettra non seulement de repérer la présence d’un cancer, mais aussi de mieux orienter les investigations vers le bon type de tumeur.
Des échantillons issus de 10 types de tumeurs
Pour mener cette étude, les chercheurs analyseront des échantillons prélevés sur des personnes atteintes de 10 types de tumeurs différentes. Parmi elles figurent notamment les cancers du pancréas, des ovaires, de la prostate et de l’œsophage.
L’étude inclut également des patients atteints de tumeurs colorectales et de mélanome, un type de cancer de la peau. Cette diversité doit permettre de vérifier la performance du test sanguin dans plusieurs situations cliniques, avec des cancers connus pour être parfois difficiles à détecter tôt.
Un enjeu majeur pour augmenter les chances de guérison
Le professeur Andy Davies, directeur du Southampton Cancer Research UK et du National Institute for Health and Care Research Experimental Cancer Medicine Centre, a expliqué que l’équipe observait les niveaux de protéines présentes dans le sang plutôt que l’ADN tumoral.
Il a souligné que la réponse immunitaire pouvait entraîner, dès les premiers stades de la maladie, une hausse de ces marqueurs. Pour les chercheurs, cela pourrait faire de ce test sanguin révolutionnaire un moyen efficace de repérer les premiers signes du cancer.
De son côté, le Dr Victoria Goss, professeure associée et responsable de la recherche sur le diagnostic précoce à l’unité d’essais cliniques de Southampton, insiste sur l’importance d’un diagnostic rapide.
Elle rappelle que lorsque les cancers sont diagnostiqués plus tard, les patients disposent souvent de moins d’options de traitement. Détecter la maladie à un stade précoce permet au contraire de commencer les soins plus tôt et d’augmenter les chances de succès pour les patients.