Le débat sur la privatisation des actifs de l’État s’enflamme au sein de la droite française, alors que des voix s’élèvent pour explorer cette option comme un moyen de désendetter le pays. Face à une situation financière préoccupante, certains politiques suggèrent que le gouvernement pourrait vendre ses participations dans des entreprises privées, telles qu’Orange ou Engie, plutôt que d’augmenter les impôts ou de réduire les dépenses publiques.
Les propositions de privatisation
Les partisans de cette approche estiment qu’une cession d’actifs pourrait rapporter des milliards, voire des dizaines de milliards d’euros à l’État. Cette option, cependant, n’a pas été retenue par le gouvernement Barnier pour l’instant. Au contraire, le ministre de l’Économie, Antoine Armand, a évoqué le 15 octobre une possible entrée de l’État dans le capital d’Opella, le fabricant du Doliprane, actuellement en vente par Sanofi à un fonds américain. Ce sujet sera sans doute au cœur des discussions lors du vote du budget au Parlement.
Les déclarations de Gérald Darmanin
Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a suscité le débat lors d’un entretien accordé aux *Echos* le 6 octobre. Il a déclaré : « Un travail doit être mené sur les participations de l’État dans les entreprises, »« Il vaudrait mieux vendre ces participations qu’augmenter l’impôt sur les sociétés. L’État n’a rien à faire là. »
Réactions au sein de la majorité
Malgré ces déclarations, Darmanin n’a pas réussi à rallier ses collègues du groupe Ensemble pour la République (EPR) à cette idée. Aucun amendement en faveur de la vente des participations de l’État n’a été proposé avant l’ouverture de la session budgétaire à l’Assemblée. C’est alors qu’un autre ancien membre des Républicains, Éric Ciotti, a pris les devants. En tant qu’allié du Rassemblement national (RN), il prône que l’État cède toutes ses actions Engie et Renault (15 %) « au plus tard le 1er janvier 2025 », arguant que « le redressement de nos comptes publics est essentiel. »
Moins d’État, une vieille revendication
Ce débat fait écho à une tradition politique de la droite française, axée sur le principe du « moins d’État » et des privatisations. Après les nationalisations qui ont suivi la Libération et la première élection de François Mitterrand en 1981, le rôle de l’État dans l’économie a diminué. Les gouvernements successifs de Chirac, Balladur et Juppé ont lancé un vaste mouvement de privatisation, poursuivi par Lionel Jospin. Depuis lors, le rythme a ralenti, et la part des entreprises publiques dans l’emploi salarié a chuté, passant de 10,5 % en 1985 à seulement 2,1 % en 2021, selon l’Insee.
