Les retards de financement militaire au Royaume-Uni suscitent une colère grandissante, alors que Rachel Reeves, la chancelière de l’ombre, ignore les appels des chefs militaires pour clarifier la date à laquelle elle s’engage à augmenter les dépenses défense. Le discours autour d’un calendrier pour atteindre 2,5 % du PIB en dépenses militaires, initialement prévu pour le printemps 2025, semble désormais incertain.
Retard dans l’annonce des dépenses de défense
Le gouvernement travailliste a annoncé une révision stratégique de la défense peu après son entrée en fonction, visant à allouer les ressources nécessaires pour contrer les menaces, notamment celles posées par la Russie. Cependant, suite à l’intervention de Mme Reeves, aucune annonce sur le financement supplémentaire ne sera faite avant la conclusion de l’examen pluriannuel des dépenses du Trésor, prévue pour juin 2025.
Ce retard constitue un nouveau revers pour les hauts responsables militaires qui, tout en étant contraints de réaliser des économies, espèrent une augmentation salariale pouvant atteindre 7 % pour les troupes.
Un contexte de dépenses militaires stagnantes
Actuellement, les dépenses militaires du Royaume-Uni stagnent à 2,3 % du PIB, tandis que ses alliés occidentaux intensifient rapidement leurs investissements face aux menaces de la Russie, ainsi que de la Chine, de la Corée du Nord et de l’Iran.

John Healey, un collègue au sein du cabinet travailliste, avait précédemment insisté sur le fait qu’un calendrier pour atteindre les 2,5 % du PIB serait annoncé après la révision des priorités.
Pressions croissantes sur le gouvernement
Les critiques se multiplient alors que plusieurs États baltes et la Pologne augmentent leurs dépenses militaires, ce qui pourrait créer des frictions au sein de l’OTAN. Avec l’arrivée imminente du président élu américain Donald Trump, qui devrait annoncer un calendrier pour le retrait des forces américaines d’Europe, les commentateurs soulignent que le Royaume-Uni doit rapidement augmenter ses dépenses pour assumer davantage de responsabilités en matière de sécurité.

Réactions des responsables de la défense
James Cartlidge, député et secrétaire d’État à la défense de l’opposition, a déclaré que le public est conscient des menaces croissantes auxquelles le Royaume-Uni est confronté et que le gouvernement, en retardant les dépenses, ne fait que révéler son manque de priorité accordée à la défense.

Les finances publiques du Royaume-Uni sont sous une pression intense, avec un emprunt atteignant 112,4 milliards d’euros au cours des sept premiers mois de l’année fiscale actuelle, soit 1,1 milliard d’euros de plus que l’année précédente.
