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    Trump et le Panama : tensions autour du canal stratégique

    Panama, États-Unis

    Les menaces de Donald Trump concernant le contrôle du canal de Panama suscitent un patriotisme intense au sein de la population panaméenne. Ces intentions, qui semblent viser à réduire l’influence de la Chine dans la région, mettent en lumière des tensions croissantes entre Panama et les États-Unis.

    Une réaction patriotique face aux menaces

    Donald Trump n’a pas encore pris ses fonctions, mais il a déjà réussi à unifier la population divisée de Panama autour d’un sentiment national fort. Depuis que Trump a menacé, le 21 décembre, de prendre le contrôle du canal si les tarifs pour les navires américains ne baissaient pas, le cri de ralliement « Le canal appartient à Panama » résonne dans tout le pays.

    Cette provocation a déclenché une vague de patriotisme dans cette nation de 4,5 millions d’habitants. Le président panaméen, José Raúl Mulino, a affirmé avec fermeté : « Chaque mètre carré du canal de Panama appartient à Panama, et cela ne changera pas. »

    Les médias locaux se concentrent intensément sur cette situation, qualifiant Trump de « fou » et d’« idéologue mercenaire ». Le jour de Noël, des travailleurs ont manifesté devant l’ambassade des États-Unis, brûlant des photos de Trump et le drapeau américain, tout en clamant : « Ce pays se défend. »

    Le canal : plus qu’une simple source de revenus

    Le canal de Panama représente le cœur économique du pays, avec des milliers de navires le traversant chaque année, générant des revenus considérables. Cependant, son importance va bien au-delà des aspects financiers. Ana Elena Porras, professeure à l’université de Panama, souligne que « le canal symbolise l’identité nationale, l’indépendance économique et la liberté politique ».

    Pour comprendre cette signification, il est essentiel de revenir sur l’histoire : au début du XXe siècle, le président américain Theodore Roosevelt a convaincu le Congrès de financer la construction du canal. Lorsque la Colombie, à l’époque propriétaire de Panama, s’est opposée au projet, le gouvernement américain a envoyé un navire de guerre en 1903.

    Suite à cela, Panama a déclaré son indépendance et a cédé les droits de souveraineté sur le canal aux États-Unis. Inauguré en 1914, le canal est resté sous contrôle américain jusqu’à sa restitution à Panama le 31 décembre 1999, un acte finalisé par le président américain Jimmy Carter en 1977.

    La confusion autour des intentions de Trump

    La réaction du gouvernement panaméen face aux menaces de Trump est empreinte d’incompréhension et de spéculations sur ses véritables intentions. Certains observateurs estiment que Trump ne s’intéresse pas tant au canal qu’à la manière de mettre la pression sur Panama pour contrer l’influence croissante de la Chine. Sur les réseaux sociaux, Trump a même insinué que des soldats chinois exploiteraient le canal « avec amour, mais de manière illégale », bien qu’aucune preuve n’étaye cette affirmation.

    Le gouvernement chinois a effectivement renforcé ses liens avec Panama récemment, le pays ayant rejoint l’initiative de la Nouvelle Route de la Soie, avec de nombreux projets de construction attribués à des entreprises chinoises.

    D’autres analystes suggèrent que Trump pourrait également chercher à établir un accord migratoire plus restrictif, en exerçant des pressions sur Panama pour qu’il accepte des migrants expulsés. Malgré plusieurs réunions de crise entre Panama, la Colombie et les États-Unis, peu de progrès a été réalisé jusqu’à présent.

    Une attente anxieuse jusqu’à l’investiture de Trump

    La réponse du gouvernement panaméen pourrait dépendre de l’attitude de Trump une fois en fonction. Jusqu’au 20 janvier, date de son investiture, les autorités panaméennes espèrent obtenir des éclaircissements. Selon l’analyste Roberto Noriega, « Panama doit prendre très au sérieux les menaces de Trump ». La situation reste donc tendue et incertaine, et les prochaines semaines seront cruciales pour les relations entre les deux nations.

    Demonstrants protestent devant l'ambassade des États-Unis à Panama le 24 décembre 2024, avec une banderole indiquant 'Donald Trump Enemigo Público de Panamá. Yankee Animal, deja el canal!'.

    Panama | Trump | Canal | Tensions | Patriotisme | États-unis

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