Le projet du pont SE-40 à Séville, géré par la société publique Ineco, suscite de vives inquiétudes quant à son avancement et sa transparence. En effet, le ministère des Transports a confié à Ineco la rédaction du projet sans passer par un appel d’offres, et celle-ci a décidé de sous-traiter une partie majeure de ce contrat, ce qui a suscité de nombreuses critiques.
Ineco et la sous-traitance du projet
Ineco a annoncé qu’elle mettrait en appel d’offres, en février, le calcul des structures du viaduc, pour un montant de 4,5 millions d’euros, soit seulement un tiers du budget total alloué par le gouvernement espagnol pour le projet, qui s’élève à 13,1 millions d’euros. Plus de 78 % des travaux devront donc être sous-traités, un fait qui étonne les ingénieurs du secteur.
Ceux-ci critiquent le manque d’efficacité du protocole suivi par l’administration, qui a éludé le processus d’appel d’offres en optant pour une entreprise publique incapable de réaliser le projet sans recourir à des entreprises privées.

Les critiques des autorités locales
La Junta d’Andalousie et la mairie de Séville ont vivement réagi aux procédures d’Ineco, accusant le gouvernement de « donner des coups de pied en avant » et de « faire traîner les choses » concernant cette infrastructure jugée essentielle. La conseillère de Fomento, Rocío Díaz, a souligné que les retards accumulés rendent ce projet urgent pour la ville.
Le maire de Séville, José Luis Sanz, a également exprimé ses doutes sur la gestion actuelle, rappelant qu’il préférait la solution de tunnels au lieu d’un pont dans cette zone, qui pourrait affecter le parc de Doñana.
Des incertitudes persistantes
Le gouvernement espagnol n’a pas encore approuvé de budgets, et deux tronçons du projet restent sans adjudication, ce qui pourrait retarder encore plus la réalisation du pont, potentiellement jusqu’en 2028. Le délai donné à Ineco pour ce nouveau contrat est de deux ans, au lieu des 16 mois initialement prévus.
Les experts estiment que les délais de soumission, d’attribution et d’exécution pourraient encore ajouter quatre à cinq ans à ce projet déjà controversé.
Conclusion des acteurs concernés
La situation actuelle du projet du pont SE-40 soulève des préoccupations majeures quant à la transparence et à l’efficacité de la gestion des infrastructures publiques. Alors que les parties prenantes continuent de s’exprimer sur les enjeux et les retards, la nécessité d’une solution rapide et adéquate pour Séville est plus pressante que jamais.