Près de 80 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, une cérémonie œcuménique en hommage aux Malgré-Nous s’est tenue ce dimanche à la cathédrale de Strasbourg, rassemblant plus de 1.300 personnes, parmi lesquelles une vingtaine d’incorporés de force.
Une cérémonie mémorable
Ce dimanche après-midi, la cathédrale de Strasbourg était comble. Plus de 1.300 participants se sont réunis pour la première célébration de ce type, honorant la mémoire de ceux qui ont été enrôlés de force par l’Allemagne nazie à partir de 1942, avec une mention particulière pour les Alsaciens et Mosellans.
Des souvenirs poignants
Marie-France, une participante, a partagé son émotion : « *Enfin, après 80 ans, on pense à eux. On a attendu ça longtemps, mais c’était important pour nous.* » Son oncle n’est jamais revenu de Russie, où il avait été envoyé à la fin de la guerre. Le prêtre a souligné l’importance de cette mémoire en déclarant : « *Il n’est jamais trop tard pour faire mémoire.* »
Le besoin de commémoration
Germain, un Strasbourgeois dont les parents et deux oncles étaient des Malgré-Nous, a exprimé sa surprise devant l’affluence : « *Il y a un besoin de commémorer ce qu’il s’est passé. Pendant trop longtemps, on a essayé d’occulter tout ça,* » a-t-il déclaré. Sa femme, Isabelle, a ajouté que la honte a souvent empêché les familles d’en parler.
Un appel à la reconnaissance historique
Claude, originaire de Metz, a insisté sur la nécessité d’intégrer cette tragédie dans les livres d’histoire afin d’informer les jeunes générations. Emmanuel Macron a promis en novembre 2024 que le sort des incorporés de force serait reconnu et enseigné.
En effet, 130.000 jeunes hommes et femmes d’Alsace-Moselle ont été enrôlés de force, avec 40.000 d’entre eux perdus durant la guerre.
Un moment de réflexion
Cette cérémonie a marqué un tournant dans la reconnaissance des Malgré-Nous, permettant à une génération d’honorer la mémoire de leurs ancêtres tout en réfléchissant aux leçons à tirer de cette période sombre de l’histoire.
