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    L’application Yuka : une révélation inquiétante sur les aliments et cosmétiques

    France, Royaume-Uni

    En scannant les produits alimentaires et cosmétiques de mon domicile avec l’application Yuka, j’ai découvert des données alarmantes sur les ingrédients contenus dans ce que mes enfants consomment quotidiennement. De la poudre d’avoine au dentifrice, chaque découverte a suscité en moi une inquiétude grandissante, jusqu’à vider mes placards de la cuisine et de la salle de bains. Pourtant, certains experts mettent en garde contre une lecture trop littérale de ces résultats.

    Une application qui décortique nos produits du quotidien

    L’application gratuite Yuka permet de scanner le code-barres des aliments et produits cosmétiques pour en évaluer la qualité nutritionnelle et les risques potentiels liés à leur composition. Elle attribue à chaque produit une note allant de « mauvais » à « excellent » et propose des alternatives supposées plus saines. Cependant, les recommandations ne sont pas toujours adaptées, comme le remplacement du dentifrice de mes enfants par un modèle blanchissant.

    En testant chez moi, j’ai découvert que le lait d’avoine que j’achète contient un additif « suspecté cancérigène », que mes pancakes sucrés renferment du sorbate de potassium, un conservateur potentiellement responsable de dommages à l’ADN et d’effets néfastes sur le foie. Les bâtonnets de poisson panés pour enfants sont jugés « à haut risque » en raison d’un agent texturant lié à un risque accru de cancer du sein et de maladies cardiovasculaires.

    Dans la salle de bains, la surprise est tout aussi grande : le dentifrice à la menthe spearmint contient du dioxyde de titane, interdit en Europe comme additif alimentaire et potentiellement cancérigène par ingestion. J’ai donc immédiatement jeté ce produit. Le savon antibactérien rose, censé encourager le lavage des mains des enfants, est quant à lui classé comme perturbateur endocrinien à cause de l’octinoxate, un composé suspecté de perturber les hormones féminines et l’activité thyroïdienne.

    L’application Yuka scanne les codes-barres des aliments et cosmétiques pour informer sur leur qualité

    Entre panique et nécessité d’information

    Face à ces découvertes, j’ai vidé mes placards de nombreux produits sans imaginer auparavant qu’ils pouvaient contenir des substances à risque. Pourtant, quelques produits restent rassurants, comme les galettes de riz, la sauce tomate prête à l’emploi, le popcorn, les gressins ou encore les Veggie Straws. Mais certains aliments de plaisir se révèlent si mauvais que l’application alerte sur des effets tels que le « affaiblissement du système immunitaire », « inflammation intestinale » et « suspecté cancérigène ».

    Ce phénomène ne concerne pas que moi. L’engouement pour Yuka, qui compte plus de 65 millions d’utilisateurs dans le monde, traduit une volonté croissante des consommateurs, notamment des plus jeunes, de mieux connaître la composition de leurs produits alimentaires et cosmétiques. Les aliments ultra-transformés, ciblés par l’application, sont associés à une mortalité prématurée accrue – une étude américaine estime à près de 18 000 le nombre de décès prématurés liés à leur consommation au Royaume-Uni.

    Le récent reportage de la BBC « The Truth About Baby Food Pouches » a également révélé la forte teneur en sucre de certains petits pots pour bébés, parfois dépassant la quantité recommandée pour une journée entière pour un enfant d’un an.

    Les limites et controverses autour des applications de notation

    Malgré leur popularité, ces applications suscitent des critiques, notamment concernant la méthodologie. Yuka attribue une note basée sur la présence d’additifs, sans prendre en compte leur concentration, ce qui peut biaiser l’évaluation. Par exemple, une pizza margherita reçoit une note « bonne » car elle est peu sucrée et riche en protéines, malgré sa nature ultra-transformée et la présence de colorants.

    La note finale est calculée à partir de critères nutritionnels (sucre, sel, matières grasses, additifs) et repose en grande partie sur le Nutri-Score, système adopté dans plusieurs pays européens et soutenu par l’Agence internationale de recherche sur le cancer.

    Yuka s’appuie sur des études scientifiques et agences de sécurité alimentaire

    Yuka s’appuie sur des rapports d’évaluation collective d’organismes tels que l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’Agence française de sécurité sanitaire, l’Organisation mondiale de la santé et l’Agence internationale de recherche sur le cancer. Toutefois, la vraie question reste le niveau de risque réel, par exemple celui lié à un additif présent dans un seul bâtonnet de poisson, ce que l’application ne précise pas.

    Le Dr Alex Richardson, experte en nutrition infantile, souligne que le véritable problème réside souvent dans le manque d’oméga-3 à longue chaîne issus des poissons et fruits de mer, essentiels au développement des enfants. Elle rappelle que certains additifs servent à assurer la sécurité des aliments, tandis que d’autres sont purement cosmétiques. Elle met en garde contre une dépendance excessive à ces applications, qui peuvent générer une inquiétude injustifiée chez les parents, sans fournir les détails indispensables à une information complète.

    Un représentant de Yuka défend l’application en affirmant qu’elle vise à donner aux consommateurs une information claire et accessible, ainsi qu’à proposer des alternatives plus saines, le tout basé sur des études scientifiques rigoureuses. Selon lui, Yuka ne joue pas sur la peur, mais sur l’éducation et la transparence.

    Du côté de l’OMS, le Dr Kremlin Wickramasinghe met en garde contre la multiplicité des modèles d’évaluation nutritionnelle, souvent développés par l’industrie ou les créateurs d’applications eux-mêmes, et peu validés par des chercheurs indépendants. Il souligne la complexité de vérifier et d’ajuster ces outils pour garantir leur fiabilité à l’échelle internationale.

    Experts alertent sur les effets anxiogènes de certaines applications

    Un outil à utiliser avec discernement

    Selon le Dr Caroline Taylor, professeure associée en nutrition, la taille des portions et la fréquence de consommation influencent plus la santé que la composition d’un produit isolé. Par exemple, un carré de chocolat mangé une fois tous les quinze jours n’aura que peu d’impact sur la santé individuelle ou environnementale.

    Pour ma part, même si j’ai été convaincue par l’application, je prends désormais ses résultats avec prudence. Yuka reste un guide utile pour comparer certains produits transformés, comme les sauces ou les plats préparés, car il existe de nettes différences de qualité. Cependant, bannir un produit uniquement sur la présence d’un additif « rouge » complique inutilement le repas et engendre une quête d’une perfection alimentaire illusoire.

    Au final, la meilleure solution reste de cuisiner soi-même avec des aliments frais et de limiter les produits ultra-transformés.

    Application Yuka | Additifs Alimentaires | Produits Cosmétiques | Santé | Aliments Ultra-transformés | Additifs Cancérigènes | Nutri-score | Nutrition | Parentalité | Bien-être | France | Royaume-uni
    source:https://www.independent.co.uk/life-style/yuka-app-healthy-kids-food-b2743655.html

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