La cérémonie d’ouverture du Concours Eurovision de la chanson (ESC) 2025 à Bâle a été marquée par des manifestations contre la participation d’Israël, ravivant les débats sur la neutralité et la liberté d’expression lors de cet événement international emblématique.
Manifestations lors de l’ouverture à Bâle
Le 69e Concours Eurovision de la chanson a débuté en fanfare dimanche après-midi dans les rues de Bâle, où plus de 100 000 spectateurs ont applaudi les 37 participants défilant dans une grande parade au cœur de la ville. Cependant, cette ambiance festive a été ponctuée par la présence visible de nombreuses drapeaux palestiniens, brandis notamment en signe de protestation contre la participation israélienne.
Une activiste a même bloqué un tramway sur lequel se trouvait la représentante israélienne, Yuval Raphael, avant d’être évacuée par la police. Par ailleurs, une plainte a été déposée par la délégation israélienne à l’encontre d’un individu ayant effectué un geste menaçant envers l’artiste. Cette situation rappelle les tensions observées lors de l’édition précédente à Malmö, en Suède, où des protestations similaires avaient éclipsé l’événement.
Réactions des organisateurs et autorités bâloises
Martin Green, directeur du concours, a relativisé ces incidents en affirmant que l’ESC garantit que l’attention ne se limite pas aux controverses : « Nous avons 37 performances exceptionnelles à célébrer. » Il qualifie les manifestations de dimanche de « pacifiques et civilisées », soulignant que la liberté d’expression est un pilier démocratique essentiel.
Dr Conradin Cramer, président du gouvernement bâlois, a également vécu les contestations lors de son discours. Malgré les cris de « Shame on you » (« Honte à vous ») lancés par des militants, il retient surtout l’enthousiasme général des dizaines de milliers de personnes venues profiter d’un après-midi coloré et joyeux à Bâle. Il a insisté sur l’intransigeance de la ville face à l’antisémitisme et à toute forme de discrimination.
Son échange avec la candidate israélienne Yuval Raphael lui a laissé une impression positive : « Une rencontre très sympathique. » Son vœu pour la semaine à venir est que l’ESC soit un « festival joyeux et pacifique qui touche un large public. »
Neutralité et restrictions pendant le concours
Pour la première fois, les drapeaux palestiniens sont autorisés dans la salle des spectacles, une décision qui pouvait susciter des craintes. Pourtant, Martin Green assure qu’il n’y aura pas d’invasion de ces symboles ni d’interruptions pendant les shows : « Le public sait que l’ESC est un lieu de joie et comprend l’esprit de l’événement. Nous faisons tout pour préserver la neutralité. » La scène est d’ailleurs fortement sécurisée pour éviter toute perturbation.
En dehors de la salle St. Jakobshalle, un rassemblement a été annoncé par le groupe « ESCalate4Palestine » au Barfüsserplatz, mais aucune demande officielle n’a été enregistrée auprès de la police dans le délai réglementaire. Les autorités bâloises restent vigilantes quant à d’éventuelles manifestations non autorisées.
Ambiance et esprit d’union entre les participants
Contrairement à Malmö l’année précédente, aucun climat de tension n’a été ressenti parmi les artistes. Un code de conduite récemment instauré interdit toute expression politique liée au concours, afin de maintenir la neutralité de l’événement. Cette règle a été respectée lors de la cérémonie d’ouverture.
Interrogées sur les protestations, la Luxembourgeoise Laura Thorn et l’Irlandaise Emmy ont souligné comment l’Eurovision unit les peuples et rapproche les nations à travers la musique. En termes d’ambiance festive, Bâle semble surpasser Malmö, où de nombreux habitants avaient boudé les festivités. Ici, la ville vit au rythme coloré et joyeux du concours.
