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    Iran : Dialogue renouvelé sur le nucléaire avec l’Europe

    France, Iran

    Des discussions « sérieuses, franches et approfondies ». Les émissaires français, britanniques et allemands ont repris ce vendredi 25 juillet à Istanbul leurs entretiens sur le programme nucléaire iranien avec une délégation de Téhéran, sous la menace de potentielles sanctions européennes. « Il a été convenu de poursuivre les consultations », a confirmé sur X le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi.

    Contexte des négociations

    Cette rencontre est la première depuis l’attaque israélienne à la mi-juin contre des sites nucléaires et militaires iraniens. Les échanges ont duré plusieurs heures, selon les journalistes de l’AFP qui ont vu les voitures quitter l’enceinte du consulat iranien peu avant 14 heures locales (13 heures à Paris).

    Position de Téhéran

    Pour Téhéran, cette réunion représentait une occasion pour l’Europe de « corriger » sa position sur le programme nucléaire iranien. Parallèlement, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, s’est déclaré « encouragé » par le feu vert de Téhéran pour une visite de cet organe des Nations unies « dans les semaines à venir ».

    La visite d’une équipe technique de l’AIEA pourrait conduire au retour des inspecteurs de l’ONU en Iran, éventuellement dans le courant de l’année, a estimé Rafael Grossi. Téhéran avait suspendu début juillet toute coopération avec l’Agence, estimant qu’elle avait une part de responsabilité dans le déclenchement des frappes israéliennes et américaines en juin.

    Les enjeux des négociations

    La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont, avec les États-Unis, la Chine et la Russie, membres d’un accord sur le nucléaire conclu avec l’Iran en 2015, prévoyant d’importantes restrictions au programme nucléaire iranien en échange d’une levée progressive des sanctions de l’ONU.

    Cependant, en 2018, les États-Unis se sont retirés unilatéralement de cet accord, réimposant leurs sanctions. De leur côté, les trois pays européens – E3 en langage diplomatique – avaient assuré leur attachement à cet accord tout en souhaitant poursuivre les échanges commerciaux avec l’Iran. Les sanctions onusiennes et européennes n’ont donc pas été rétablies.

    Risques d’une escalade

    Les Européens accusent néanmoins Téhéran de ne pas avoir respecté ses engagements et ont menacé de rétablir les sanctions en vertu d’une clause prévue par l’accord qui expire en octobre, que l’Iran cherche à éviter à tout prix. Ce vendredi 25 juillet, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a estimé que la rencontre en Turquie constituait « un test de réalisme pour les Européens et une occasion précieuse de corriger leurs points de vue sur la question nucléaire iranienne ».

    Une source européenne a précisé avant la réunion que « l’inaction n’est pas une option ». Les Européens se préparent à déclencher à l’automne le mécanisme de rétablissement des sanctions « en l’absence de solution négociée », appelant l’Iran à reprendre sa coopération avec l’AIEA.

    Déclarations iraniennes

    Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a qualifié la possibilité de recourir au mécanisme de rétablissement des sanctions de « totalement illégal » et a affirmé que les puissances européennes avaient « mis fin à leurs engagements » après le retrait des États-Unis en 2018. « Nous les avons avertis des risques, mais nous cherchons toujours un terrain d’entente », a-t-il nuancé.

    Téhéran a menacé de se retirer du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), qui garantit l’usage pacifique de l’énergie atomique si les sanctions de l’ONU sont réimposées. Toutefois, l’Iran veut éviter un tel scénario qui accentuerait son isolement international et la pression sur son économie déjà fragile.

    Perspectives futures

    Après la guerre, l’Iran a réaffirmé qu’il ne renoncerait pas à son programme nucléaire, qualifié par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi de « fierté nationale ». « Il était important qu’ils (les Européens) sachent que les positions de l’Iran demeurent inébranlables et que notre enrichissement se poursuivra », a-t-il souligné.

    Abbas Araghchi a précisé que l’enrichissement était actuellement « à l’arrêt » en raison des dommages « graves et sévères » causés aux installations nucléaires par les frappes américaines et israéliennes. Les États-Unis et l’Iran restent profondément divisés sur la question de l’enrichissement de l’uranium, Téhéran le considérant comme un droit « non négociable », tandis que Washington y voit une « ligne rouge ».

    Conclusion sur le programme nucléaire

    Selon l’AIEA, l’Iran est l’unique pays non doté de l’arme nucléaire à enrichir de l’uranium à un niveau élevé (60 %), bien au-delà de la limite de 3,67 % fixée par l’accord international conclu en 2015 avec les grandes puissances. Pour fabriquer une bombe, l’enrichissement doit être poussé jusqu’à 90 %.

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