Dans la Colère des agriculteurs dans le Gers, la nuit du 27 au 28 décembre a été marquée par une action à Auch suivie d’une interpellation après des dégradations. Le préfet Alain Castanier a condamné ces actes et appelé au calme, tandis que des responsables agricoles dénoncent un mal‑être persistant et un recours à la violence dans certaines actions. Ce dossier illustre les tensions entre mobilisation et cadre républicain dans un contexte économique difficile pour les producteurs locaux.

À Auch, interpellation après une dégradation et une sortie d’arme
Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 décembre, un tracteur équipé d’une épandeuse s’est positionné en travers de la chaussée près de la place de Verdun. Le tracteur a aspergé la façade des locaux gersois de dégradations. Une unité de CRS avait été dépêchée et le conducteur a été interpellé après avoir été sommé d’arrêter son action et d’immobiliser le véhicule. Selon la préfecture du Gers, le conducteur aurait entamé une manœuvre en avançant vers les policiers, une situation jugée dangereuse. « Cette manœuvre dangereuse les oblige à faire de nouvelles sommations avec sortie d’arme. Le Directeur Départemental de la Police Nationale était sur place. » Le conducteur a ensuite stoppé le tracteur et coupé le moteur; il a été placé en garde à vue peu avant 23 heures pour des faits de dégradations en réunion et devait être auditionné dans la nuit. Le calme est revenu sur place et les manifestants ont entrepris le nettoyage de la façade du bâtiment.

Réactions et divergences sur l’intervention
Du côté des organisations agricoles, la Coordination rurale du Gers réagit avec colère et souligne le mal‑être persistant du secteur. Lionel Candelon, président de la Coordination Rurale de la Chambre d’agriculture du Gers, a vivement réagi sur les réseaux sociaux, dénonçant l’usage des armes lors de l’intervention et contestant la version officielle évoquant une tentative de mise en danger des policiers: « Ce soir, je me suis rendu a Auch en urgence où la pire des choses s’est produite, celle de pointer 3 armes de police sur un agriculteur gersois en train de manifester simplement. »
Le préfet du Gers a quant à lui rappelé la nécessité de ne pas envenimer la situation et a précisé les éléments de l’intervention: « Cette manœuvre dangereuse les oblige à faire de nouvelles sommations avec sortie d’arme. Le Directeur Départemental de la Police Nationale était sur place. »
Dans le même esprit, le même dispositif de communication a relayé des déclarations sur le contexte: « La situation des agriculteurs aujourd’hui est très difficile, certains sont désespérés, ne gagnent que 200 ou 300 euros par mois en travaillant 60 heures. Je comprends et ne condamne pas les mobilisations où il n’y a pas de dégradations. En revanche, je condamne les dégradations, on ne peut pas les accepter, ni la casse », a déclaré le préfet du Gers.
Les syndicats agricoles dénoncent le recours à la force et les responsables locaux insistent sur la nécessité de résoudre le mal‑être du secteur plutôt que d’opposer les actes isolés à l’expression démocratique. La Coordination rurale a répété son appel à un dialogue renforcé et à des solutions pratiques pour l’agriculture locale.
