Après la découverte du corps du psychologue, environ cinquante personnes se sont réunies devant le Carré d’art pour rendre un dernier hommage à Salah Bouabdallah. Son fils, âgé de 27 ans et placé en garde à vue dans les locaux du commissariat de Montpellier, a avoué le meurtre et demeure en détention. La confirmation est venue des autorités et l’enquête se poursuit pour établir les circonstances exactes des faits.
Le drame est intervenu dans un contexte de conflit familial et le corps a été retrouvé dans la nuit de dimanche, enterré dans le jardin du domicile familial. L’autopsie réalisée par les médecins légistes de l’institut médico‑légal de Nîmes a confirmé que la victime est décédée des suites de violences avant d’être enterrée. Le motif de la dispute n’est pas précisé publiquement à ce stade.
Le fils aurait indiqué, en présence de la procureure Cécile Gensac et de son avocat, l’emplacement de la dépouille. La procureure a précisé que l’autopsie confirmait les violences subies par la victime avant son décès. Pour l’heure, les raisons précises du conflit restent à éclaircir.
En fin de journée, le neveu de la victime, Hedi, a exprimé son choc et son espoir que la justice fasse la lumière sur les faits. Il a déclaré: « C’est incompréhensible. Maintenant, on fait confiance à la justice française. » Le rassemblement, d’environ cinquante personnes, a été décrit comme un cri du cœur et organisé spontanément.
Des patients du psychologue ont tenu à témoigner. « Aujourd’hui, si je vais mieux, c’est grâce à lui. Il me suivait depuis cinq ans et m’a aidé à affronter plusieurs épreuves et à guérir. C’était quelqu’un de formidable, de très ouvert », racontent-ils. D’autres personnes présentes ne connaissaient pas personnellement Salah Bouabdallah mais sont venues soutenir la famille. Me Fahd Mihih, l’avocat de la famille, était à leurs côtés et rappelait que Salah Bouabdallah pensait beaucoup aux autres et avait fait beaucoup pour eux.
Sur le volet judiciaire, l’enquête, confiée par le parquet de Nîmes à la police judiciaire de Montpellier, se poursuit pour comprendre les circonstances exactes de ce drame. Le fils, âgé de 27 ans et placé en garde à vue depuis dimanche, n’est pas connu des services de police et aurait évoqué un homicide involontaire devant les enquêteurs, selon la procureure. Les autorités poursuivent les investigations auprès des proches et des témoins possibles.
Le même dimanche, la procureure a précisé que la victime était fichée S et devait comparaître devant le tribunal correctionnel pour des faits d’apologie du terrorisme. Cette information a été nuancée par Me Stéphane Aubert, l’avocat du défunt, qui affirme que ce fichage n’est pas lié au drame et rappelle que Salah Bouabdallah avait un casier vierge. Selon lui, le dossier relatif à des propos sur Israël n’aurait pas dû être invoqué pour le relier à l’affaire actuelle.
Des éléments évoquent toutefois un contexte lié à d’autres affaires: l’implication du psychologue dans le milieu associatif et son lien supposé avec le centre culturel d’éducation et de formation, une association proposant des cours d’arabe à des enfants et des adultes, qui a été fermée par décision préfectorale pour non‑conformité. Un gel des avoirs avait également été ordonné sur les comptes du Nîmois dans ce dossier.
La suite de l’enquête sera suivie de près pour éclaircir les circonstances et établir les éventuelles responsabilités dans ce drame. Les enquêteurs recueillent des témoignages et analysent les éléments matériels disponibles afin de dresser un cadre factuel des faits.