Le prince Harry et les tabloïds restent au cœur d’un procès très suivi à Londres. Le duc de Sussex affirme que des médias ont violé la vie privée de Meghan et l’ont harcelée, dans le cadre d’une action en justice contre Associated Newspapers Limited, éditeur du Daily Mail et du Mail on Sunday. Dans son témoignage, il déclare que « Ils ont rendu la vie de ma femme absolument infernale », et affirme être déterminé à demander des comptes. Le procès, qui a débuté il y a plusieurs jours, met en lumière les méthodes employées par certaines rédactions pour obtenir des informations sur sa vie privée et celles de ses proches.

À Londres, le prince Harry témoigne contre les tabloïds
Selon Reuters, le fils cadet du roi Charles III a passé environ deux heures et demie à la barre, répondant aux questions de l’avocat d’Associated Newspapers Limited (ANL). Il a évoqué le fait que le combat ne concernait pas seulement lui mais « des milliers de personnes dont la vie privée a été bouleversée par la presse », et il a répété qu’il était « déterminé à demander des comptes » à ANL « dans l’intérêt général », tout en rappelant que « ce procès ne concerne pas seulement moi ». Il a également évoqué des « attaques vicieuses et persistantes » contre Meghan et a déclaré que les tabloïds avaient tenté d’obtenir des informations par des moyens illégaux.
Le témoignage a aussi été l’occasion de rappeler que le prince vivait en Californie avec Meghan et leurs deux enfants, et qu’il avait déjà dû faire face à des affaires antérieures impliquant d’autres publications. Selon la BBC et d’autres sources, six autres plaignants, dont Elton John et Elizabeth Hurley, luttent ensuite contre ANL pour des articles publiés entre 1993 et 2018, évoquant l’utilisation de détectives privés et l’interception de messages vocaux.
Des attaques vicieuses et des méthodes ordinaires de surveillance décrites par la famille royale
Les plaignants dénoncent des pratiques telles que l’interception de messages vocaux et la surveillance des communications, et évoquent une période au cours de laquelle la presse aurait recherché des informations privées sur leur vie. Dans sa déposition, le prince a décrit son rapport à la presse depuis l’enfance et a expliqué que, longtemps, il s’était conformé à la politique de l’institution en « ne jamais se plaindre, ne jamais s’expliquer », avant que Meghan ne soit elle-même exposée à des attaques dites « vicieuses et persistantes ». Le procès réunit des accusations anciennes couvrant des années, et Harry précise qu’il agit « dans l’intérêt général ».

Procès qui pourrait durer plusieurs semaines et qui touche l’ensemble de la presse
Le calendrier du procès est vaste: il « devrait durer neuf semaines », selon les informations communiquées par les avocats et les agences de presse. Des décisions dans ce dossier pourraient avoir des répercussions sur la manière dont la presse britannique couvre les personnalités publiques et sur les mécanismes de protection de la vie privée. En 2023, Harry avait obtenu la condamnation de l’éditeur du Daily Mirror pour des articles issus du piratage de messageries téléphoniques et avait reçu des dommages et intérêts à hauteur de 140 600 livres sterling (162 290 euros). À l’époque, le duc avait aussi reçu des excuses du Sun, dans le cadre d’un accord amiable avec le groupe News Group Newspapers (NGN) de Rupert Murdoch, évitant un nouveau procès de plusieurs semaines.
