Le procès lié à l’agression raciste au Groupama Stadium lors du match OL-PSG s’est tenu à Lyon, avec deux frères mis en cause et des accusations de provocation publique à la haine ou la violence. Le procureur a réclamé dix mois de prison avec sursis probatoire de deux ans pour Thibault D., et une interdiction de fréquenter le stade pendant deux ans, assortie d’un pointage à chaque match à domicile. Les victimes et des associations dénoncent un acte raciste et sexiste, tandis que les avocats des prévenus contestent l’intention et plaident la relaxe. La décision est attendue le 17 mars.
Le cadre du procès et les accusations
Les deux frères Thibault D. et Adrien D. sont poursuivis pour « provocation publique à la haine ou la violence » et Thibault D. pour « violences volontaires », aggravées par un motif raciste. Les parties civiles, dont l’Olympique lyonnais, SOS Racisme et la Licra, dénoncent un geste raciste et sexiste et estiment que les éléments présentés étayent les accusations.
Les faits se seraient déroulés le 25 mai 2024, dans la fan-zone du Groupama Stadium lors de la retransmission de la finale OL-PSG sur OLPLAY. Des témoins auraient entendu des propos tels que « On va lui arracher son voile », selon les avocats des associations et les parties civiles.
Le procureur a indiqué que « le caractère raciste était parfaitement constitué » et a rappelé l’absence de violence avant l’arrivée des jeunes femmes. À l’issue de l’audience, dix mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans, ainsi qu’une interdiction de fréquenter le Groupama Stadium pendant deux ans et une obligation de pointage à chaque match à domicile ont été requis.

Déroulé du procès et arguments des parties
Les avocats des prévenus ont plaidé la relaxe, arguant que le geste n’était pas volontaire et que l’intention raciste faisait défaut. Thibault D. a déclaré : « J’ai célébré le but comme les autres supporters. On était serrés comme des sardines, c’était idiot, mais je ne suis pas raciste et ce n’était pas volontaire ».
Adrien D. a ajouté : « Je n’ai pas d’explication. Peut-être que j’étais en colère après l’égalisation, je ne sais pas, mais je n’ai jamais fait de salut nazi. Je ne vois pas ça sur la vidéo ».
À l’encontre des prévenus, Me Clément Durez, avocat du club, a déclaré : « Le caractère volontaire du geste ne laisse aucun doute. Il s’agit d’un geste raciste, misogyne et abjecte qui ne ressemble en rien aux valeurs que défend l’Olympique lyonnais ». D’autres témoins et associations ont aussi dénoncé ce motif.
Le procureur et le parquet ont soutenu que le caractère raciste était « parfaitement constitué », et ont rappelé l’absence de violence avant l’intervention des jeunes femmes. La suite du dossier et les éléments présentés ont conduit à fixer le délibéré au 17 mars.

Suites et verdict attendu
Au terme de l’audience, le parquet a requis dix mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans, avec interdiction de fréquenter le stade et obligation de pointage lors des matchs à domicile. La décision est attendue le 17 mars. Le sujet s’inscrit dans un contexte où les associations SOS Racisme et Licra réclament une condamnation ferme et où le club OL affirme agir contre le racisme dans le football.
