Le budget 2026 de la France est au cœur d’une session mouvementée à l’Assemblée nationale, où l’exécutif a recours à l’article 49.3 pour faire adopter la première partie du texte après des mois de discussions et de négociations. Sébastien Lecornu a engagé la responsabilité du gouvernement, déclenchant deux motions de censure déposées par des blocs de gauche et par le RN. Le PS et LR ont annoncé qu’ils ne voteront pas ces motions, tandis que les oppositions dénoncent des mesures jugées insuffisantes et inéquitables. Après plusieurs étapes, le calendrier prévoit un troisième 49.3 sur l’ensemble du texte et, si nécessaire, une présentation du plan logement à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, pour soutenir le logement et le pouvoir d’achat.
À l’Assemblée, Lecornu déclenche le 49.3 et affronte deux motions de censure
Ce vendredi 23 janvier 2026, l’Assemblée examine le budget et, conformément à l’usage, le gouvernement active l’article 49.3 sur la partie recettes (P1) du PLF pour faire adopter le texte sans vote. Selon des sources parlementaires, le déroulement prévu prévoit un passage sur la dépense et la perspective d’un second 49.3 sur l’ensemble du texte. L’usage de cet article est fortement débattu et perçu comme une étape lourde par les oppositions. « Nos conditions de non-censure seront remplies », a affirmé Olivier Faure, premier secrétaire du PS, au micro de France Inter, justifiant la position du parti de ne pas voter les motions. Le RN et l’UDR dénoncent eux aussi le « reniement de la parole » du Premier ministre. Par ailleurs, les oppositions évoquent des « coupes budgétaires d’un niveau inégalé » et une « taxe holding » jugée « homéopathique » après son passage au Sénat. Les deux motions déposées, l’une par la gauche et l’autre par le RN et l’UDR, ne semblent pas trouver de consensus et risquent, selon les calculs des aides et les signaux publics, d’être rejetées. Éric Coquerel, député LFI, a déclaré lors d’une interview ce matin que le budget est une catastrophe et qu’il en profitera pour « en appeler aux Socialistes parce que ce budget est une catastrophe ». Dans le même temps, Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine, a écarté une censure en estimant que « ce ne serait pas sérieux » dans le contexte international actuel. L’usage du 49.3 sur le budget, rappelons-le, survient alors que le texte a passé par le Sénat et qu’une nouvelle étape est attendue.

Réactions et enjeux: PS, LR, RN et écologistes sur le budget et l’usage du 49.3
Les positions des camps s’articulent autour d’un équilibre fragile entre soutien au gouvernement et opposition ferme au recours au 49.3. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a réaffirmé la position de non-censure: « Nos conditions de non-censure seront remplies », soulignant un choix d’alliance pragmatique avec l’exécutif sans valider les motions. Le Parti socialiste et Les Républicains ont notamment indiqué qu’ils ne voteront pas les motions, ce qui limite les chances de renversement du gouvernement. En réaction, le RN et l’UDR dénoncent le « reniement de la parole » du gouvernement et Point de vue budgétaire, l’opposition met en avant que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat », n’offre « aucune mesure de justice fiscale » et « continue de creuser le déficit ».
Du côté des gestes et critiques du côté LR, Laurent Wauquiez a répété que « ce ne serait pas sérieux » d’ouvrir une nouvelle bataille sur les motions de censure dans le contexte international actuel, alors que le budget poursuit son parcours parlementaire. Éric Coquerel, pour la gauche non socialiste, a également rappelé que le budget est au cœur d’un débat sur les priorités fiscales et sociales, en appelant les Socialistes à soutenir des choix plus ambitieux, selon les échanges relayés lors des interviews et des directs de la journée. Enfin, le calendrier prévoit la suite du parcours législatif: après le rejet des motions, le gouvernement devrait engager sa responsabilité sur les dépenses et l’ensemble du texte, ce qui ouvre la voie à deux nouvelles motions de censure, attendues mais susceptibles d’être rejetées en début de semaine suivante. Le texte devrait ensuite revenir à l’Assemblée après un passage au Sénat pour un troisième et dernier 49.3, avant que le chef du gouvernement se rende à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, pour présenter un plan en faveur du logement.

En filigrane, les échanges révèlent une dynamique politique où les partenaires historiques du gouvernement jouent un rôle déterminant dans l’issue du budget: les protections sociales et les mesures structurelles restent au cœur des critiques, tandis que la poursuite du calendrier budgétaire et l’usage répété de l’article 49.3 marquent un choix politique fort de l’exécutif face à une assemblée divisée et à une opposition résolue à modifier le cap.