Le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) a rendu le 27 janvier 2026 son verdict dans l’affaire d’un professeur d’EPS poursuivi pour homicide involontaire après le décès en 2020 d’un collégien dispensé de sport. L’enseignant a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et à une amende de 5 000 €. Baptiste, atteint d’une hypertrophie du myocarde, avait été pris d’un malaise lors d’une épreuve d’endurance et est décédé le lendemain à l’hôpital de Genève. L’enquête a montré que, même dispensé de sport pour raison médicale, l’élève devait être présent en cours en tenue et participer à des tâches annexes; il s’est écroulé pendant la session et l’affaire a suscité un vif débat sur les dispenses et la sécurité des élèves en EPS. L’enseignant a déclaré n’avoir pas connaissance du certificat d’inaptitude et a évoqué des difficultés liées au logiciel Pronote.

Contexte et verdict
Le verdict prononcé ce mardi 27 janvier 2026 a retenu une homicide involontaire par violation d’une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou les règlements et a infligé 18 mois de prison avec sursis, complétés par une amende de 5 000 euros. Le procureur avait dénoncé une faute «caractérisée» et avait requis deux ans d’emprisonnement avec sursis; la défense avait plaidé la relaxe. Le prévenu, quinquagénaire, a ensuite été muté et ne travaille plus au contact des enfants. L’avocate du prévenu a annoncé son intention de faire appel.
Lors de l’audience, l’enseignant a soutenu ne pas avoir connaissance du certificat d’inaptitude lié à la cardiomyopathie et a évoqué une «interface complexe» du logiciel Pronote qui rendait l’information peu visible. Il a ajouté se sentir «marqué à vie» par le drame, précisant qu’il assumait les conséquences et l’éloignement des élèves.
Dispense et responsabilité de l’établissement
Selon les éléments retraçés par l’enquête, Baptiste était dispensé de sport pour raisons médicales mais avait pris part à des tours de piste avec ses camarades lors de l’épreuve d’endurance. Le dossier indique que l’élève, présent malgré la dispensation, a subi un malaise et est décédé le lendemain à Genève. Les avocats de la famille ont rappelé que l’établissement avait été informé des problèmes de santé de l’enfant l’année précédente et à plusieurs reprises; l’avocat de la famille a évoqué que «c’est toute la chaîne de responsabilité au sein de cet établissement scolaire qui a failli».
Me Mathilde Reboux, avocate du prévenu, a rejeté la notion de «faute caractérisée» et a décrit son client comme le «coupable idéal» et un «bouc émissaire»; l’avocat de la famille, Hervé Gerbi, a quant à lui exprimé l’insatisfaction face à la décision et a souligné les manquements apparents dans le cadre scolaire.
Réactions et suites
Les parents de Baptiste, Xavier Ledoux et Mélanie Jacques, ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une peine insuffisante et ont annoncé leur intention de porter plainte contre l’Éducation nationale. «Qui peut se contenter d’une peine aussi faible ? (…) 18 mois avec sursis pour la mort d’un gamin de 12 ans, c’est très peu payé», a réagi M. Ledoux après le verdict. L’avocat des parents a ajouté que «l’Éducation nationale est totalement absente» et que la famille entend poursuivre les responsables.
Le prévenu a déclaré qu’il ferait appel de la décision et a souligné être désormais éloigné du contact avec les élèves. L’affaire relance le débat sur la sécurité des élèves lors des cours d’EPS et sur les mécanismes de dispensation et de transmission des certificats médicaux au sein des systèmes d’information scolaires.

