Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, est extrêmement préoccupé par la situation humanitaire à Cuba, qui pourrait s’aggraver, voire s’effondrer, si les États‑Unis poursuivent leur pression sur l’approvisionnement de l’île en pétrole, a déclaré le porte‑parole Stéphane Dujarric.
Après avoir tari les livraisons venues du Venezuela à la suite de la capture du président Nicolás Maduro début janvier, les États‑Unis ont publié la semaine dernière un décret prévoyant des droits de douane contre les pays vendant du pétrole à La Havane. Pour justifier cette politique, Washington évoque une menace exceptionnelle qui Cuba ferait peser sur la sécurité nationale américaine.
Cuba accuse de son côté Washington de vouloir asphyxier son économie, dans un contexte où les coupures d’électricité sont quotidiennes et les pénuries de carburant s’aggravent. À 150 kilomètres des côtes de la Floride, l’île demeure au centre d’un bras de fer diplomatique et économique.
Un accord entre les États‑Unis et Cuba ?
Le président américain a assuré que les États‑Unis avaient engagé un dialogue avec le gouvernement cubain et qu’un accord pouvait être envisagé. Il précise toutefois qu’il y a eu des échanges de messages mais pas de dialogue structuré à ce stade, selon le vice‑ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernández de Cossío.
Le même jour, Donald Trump a assuré que le Mexique, qui fournit Cuba depuis 2023, allait cesser de le faire. La veille, la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait annoncé son intention d’apporter de l’aide humanitaire sur l’île et cherchait un moyen de continuer à lui envoyer du pétrole.
Le responsable du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Dario Alvarez, basé au Panama, a souligné que la situation de Cuba n’était pas une situation conjoncturelle, mais qu’elle était compliquée depuis un certain temps. Il s’agit d’effets cumulés sur plusieurs années, a‑t‑il expliqué à l’AFP.
Cuba a été touchée en octobre par l’ouragan Melissa, qui a touché plus de deux millions de personnes, et en 2024 par deux ouragans en moins de 20 jours, un tremblement de terre et deux coupures d’électricité totales, en raison de la fragilité du système électrique, rappelle-t-il.
Une aide humanitaire est en cours pour répondre aux dégâts causés par Melissa. Cependant, à l’heure actuelle, environ 23 % des 68 millions d’euros nécessaires ont été mobilisés. Les actions humanitaires ont par ailleurs été retardées par le manque de carburant présent sur l’île depuis un certain temps.
Le carburant est un facteur clé pour tout, car il est utilisé pour le transport, pour cuisiner, pour les groupes électrogènes acheminés, pour faire fonctionner les hôpitaux, les centres de santé et le pompage de l’eau.