En France, le dépistage du cancer du col de l’utérus est traditionnellement proposé aux femmes entre 25 et 65 ans. Cette logique laisse supposer qu’au-delà de cet âge, le risque d’infection par le papillomavirus humain (HPV) diminue et que le dépistage n’est plus nécessaire. Or une vaste étude menée en Chine entre 2017 et 2023 sur plus de deux millions de femmes montre l’inverse: il existe un risque accru de cancer du col lié au HPV chez les femmes de 65 ans et plus. Cette étude révèle qu’une sur sept femmes âgées est porteuse d’un HPV considéré comme dangereux, soit presque le double du risque observé chez les femmes plus jeunes, et que les anomalies au niveau du col sont plus fréquentes lorsque le dépistage est insuffisant.
Le risque ne disparaît pas à la ménopause
Les chercheurs de l’Université de Shenzhen se sont appuyés sur les dossiers médicaux de plus de deux millions de femmes suivies pendant six ans, dont près de 17 500 avaient plus de 65 ans. Les résultats indiquent que de nombreuses femmes vivent avec une infection au HPV sans le savoir, faute de dépistage régulier. Le constat est d’autant plus préoccupant concernant les lésions précancéreuses CIN2+ qui touchent plus fréquemment les femmes plus âgées et peuvent évoluer vers un cancer si elles ne sont pas traitées à temps.
Des chiffres mondiaux qui renforcent le constat
À l’échelle mondiale, les données de l’Organisation mondiale de la Santé démontrent que, en 2022, plus de 157 000 cas de cancer du col ont été diagnostiqués chez les femmes de 65 ans et plus, et plus de 124 000 en sont mortes. Ces chiffres montrent que le risque de développer un cancer du col ne disparaît pas après la ménopause et qu’il demeure réel, mais évitable grâce à une surveillance continue et à un dépistage régulier du HPV.
Le dépistage après 65 ans : une nécessité
Les auteurs estiment qu’il faut prolonger le dépistage du cancer du col bien après la ménopause. Le test HPV devrait être maintenu chez les femmes de 65 ans et plus, en particulier pour celles non vaccinées ou ayant eu un suivi gynécologique irrégulier. Certains pays ont déjà adapté leurs recommandations: le Canada dépiste jusqu’à 70 ans, l’Australie jusqu’à 74 ans, et la Corée du Sud a étendu le dépistage à l’ensemble de sa population senior.
À retenir
- Le risque lié au HPV persiste après la ménopause et peut conduire à un cancer du col s’il n’est pas surveillé.
- Une proportion significative de femmes âgées de 65 ans et plus est porteuse de HPV à haut risque, avec des anomalies cervicales plus fréquentes que chez les plus jeunes.
- Le dépistage du HPV après 65 ans est envisagé comme une stratégie préventive importante dans plusieurs pays.