Le gouvernement français affirme vouloir reconduire la commande publique des cantines d’État vers des produits européens uniquement, position présentée par le Premier ministre Sébastien Lecornu lors d’une visite dans une ferme de l’Eure. Il s’agit d’un enjeu de politique agricole et de souveraineté alimentaire, alors que le gouvernement met en avant le raccourcissement des chaînes d’approvisionnement et la réduction de l’empreinte carbone des achats publics. Les annonces, qui concernent environ 900 millions à 1 milliard d’euros de commandes de cantines pour l’État (armées, universités, etc.), s’inscrivent dans un cadre législatif à venir et font réagir agriculteurs et défenseurs du Mercosur. Plusieurs versions des déclarations ont circulé, mais toutes soulignent une volonté de transition vers l’achat européen.

Cantines publiques: priorité européenne et cadre légal
Dans ses déclarations, Lecornu a insisté sur l’exigence européenne. “Il est impensable que pour l’ensemble des marchés publics à venir, il y ait des matières premières agricoles, alimentaires qui viennent d’en dehors de l’Union européenne”, a-t-il dit. D’après le Premier ministre, « en revanche, plus personne ne peut comprendre dans le monde dans lequel nous vivons que l’argent du contribuable puisse permettre encore d’acheter de la nourriture qui en plus a un bilan carbone et climatique absolument épouvantable ». Sur quelque 900 millions à 1 milliard d’euros de commandes de cantines de l’État (armées, universités, etc.), « j’ai demandé aux différents services combien allait en dehors de l’Union européenne et combien reste en France, et on n’a toujours pas la réponse », a admis Lecornu. «Cela va nous amener à reprendre complètement en main la commande publique, à devoir aussi récompenser ou punir les acheteurs publics en fonction de ces objectifs» et «nous l’inscrirons (…) dans les lois à venir de décentralisation comme la loi agricole que nous préparons», a ajouté le Premier ministre.
Les agriculteurs, et notamment les éleveurs, largement mobilisés contre le traité commercial UE-Mercosur, estiment que la puissance publique, qui sous-traite parfois sa restauration collective, ne respecte pas les quotas de produits locaux ou biologiques figurant dans ses engagements.

Contrats d’avenir et réactions du monde agricole
Le chef du gouvernement a aussi exprimé son soutien aux « contrats d’avenir », initiative portée par le syndicat Jeunes agriculteurs (JA) et destinée à aider les exploitants à diversifier leur production face au réchauffement climatique, via une planification territoriale puis des contrats tripartites entre agriculteurs, pouvoirs publics et transformateurs. “On est dans un moment dans lequel on n’a pas suffisamment tiré les conclusions du réchauffement climatique et de l’impact sur les productions”, a précisé Sébastien Lecornu.
Pierrick Horel, président des JA, a salué “une prise de conscience collective, un engagement pris au plus haut niveau du gouvernement autour de ce sujet, cela pose les bonnes bases”. Aujourd’hui, le Gouvernement fait des #ContratsDAvenir un outil de notre souveraineté. Ils permettront aux jeunes agriculteurs d’être accompagnés dans leur transition face au dérèglement climatique. Quelle fierté ! c’est une reconnaissance majeure du travail de notre réseau.