Face à des rumeurs circulant autour de l’hôpital de Decazeville, le directeur du groupement hospitalier du Rouergue, Vincent Prévoteau, a choisi de clarifier la situation. Il précise l’état d’avancement de l’installation de l’IRM et rappelle les travaux de restructuration du site decazevillois. L’objectif est également de rassurer sur le fonctionnement des urgences, qui restent ouvertes et opérationnelles, malgré les défis locaux. Cette communication s’inscrit dans un contexte de nécessaire continuité des soins et d’organisation adaptée à la pénurie médicale.
Les urgences de Decazeville demeurent opérationnelles; les usagers doivent appeler le 15 avant de se déplacer afin d’évaluer la situation et de les orienter vers le site le plus adapté. Cette régulation vise à assurer une prise en charge sûre et efficace, en fonction des besoins et des capacités d’accueil sur place.
Une approche imposée dans les hôpitaux de l’Aveyron a montré son efficacité en période de pénurie médicale. Le Plan blanc n’a pas été déclenché à Decazeville, et les urgences restent sécurisées grâce à une régulation adaptée, quelle que soit la localisation. À Rodez, le pic d’effectifs avait atteint treize médecins, et le nombre a évolué vers une configuration plus étoffée; Decazeville compte aujourd’hui environ quatre praticiens, avec l’arrivée prochaine d’un nouveau médecin. Le directeur souligne que ce maintien est le fruit d’un travail collectif mené par le Dr Becker, le Dr Jossillet et la régulation de Rodez, afin que chaque patient bénéficie d’un niveau homogène de soins et de sécurité, où qu’il soit pris en charge.
Les rumeurs évoquant un arrêt des examens biologiques et d’imagerie la nuit sont infondées. Les astreintes biologiques et radiologiques nocturnes sont maintenues, et les liens entre les urgences de Rodez et celles de Decazeville se renforcent pour garantir une solidarité territoriale. Quatre techniciennes de laboratoire travaillent en étroite collaboration avec le laboratoire de Rodez; sans ce travail, le site de Decazeville serait privé de laboratoire.
Malgré une réduction de voilure et le recours ponctuel à un seul praticien H24, Decazeville a privilégié le maintien d’un maximum d’offres sur place et l’optimisation du plateau technique, afin de tirer parti des points forts du site, notamment son imagerie et sa rapidité de réaliser certains bilans biologiques. L’objectif est de pérenniser une seconde ligne, ce qui dépend du renforcement des activités à Rodez et de la décentralisation des ressources sur Decazeville, résume Frank Becker, urgentiste et président de la commission médicale d’établissement.
Sur le volet IRM, Decazeville est en voie d’accueillir une nouvelle machine. Le dossier de consultation est lancé et l’installation est envisagée pour la fin de l’année. Le scanner existant continue de fonctionner de manière performante, et le nouvel appareil viendra renforcer le plateau d’imagerie mutualisé, en complément de Rodez. Emmanuel Noé, adjoint du directeur et porteur du dossier, évoque des opérations de mars à décembre pour installer l’IRM, qui sera localisée au cœur de l’hôpital, à proximité du service d’imagerie, dans les anciennes urgences. Le coût de cet investissement est de 2 M€, et une aide de 200 000 € de la communauté de communes vient soutenir ce projet.
Par ailleurs, le Bassin fait face à la reconfiguration du site après l’incendie de mai 2022. Au-delà de la rénovation de l’aile, c’est une réorganisation architecturale du bâtiment qui pourrait aussi impacter les services d’urgence. Les marchés ont été signés en décembre et les travaux avancent en vue d’une finalisation en juillet. Cette opération est nécessaire pour pérenniser le bâtiment touché par le sinistre, notamment sur la toiture. En parallèle, un schéma directeur immobilier est activé afin de repenser l’hôpital et de lui redonner des perspectives opérationnelles. Le contexte a montré que l’établissement a continué à fonctionner, sans fermeture ni baisse d’activité, malgré l’absence d’une aile entière. Le coût total des travaux est estimé à 500 000 € pour la réfection de l’aile touchée et à près de 6 M€ pour la reconfiguration globale.
